Pourquoi les hobbies sont-ils si bénéfiques pour notre santé mentale ?

6 janvier 2022
j

Auteur: Blog iepra

Pourquoi les hobbies sont-ils si bénéfiques pour notre santé mentale ?
La science vous explique comment ils agissent sur le cerveau !

Il arrive que l’on se sente déprimé pendant plusieurs semaines consécutives, voire plusieurs mois, ou que l’on ait l’impression de frôler le burn-out, par exemple suite à un confinement ou une ambiance sociétale qui nous fait perdre notre joie de vivre et l’intérêt pour les choses que nous aimons faire en temps normal.

Saviez-vous que cette perte de la capacité à éprouver un sentiment de plaisir ou d’intérêt durant des activités agréables porte un nom ? Il s’agit de l’anhédonie.

Bonne nouvelle, la science sait comment soulager naturellement le sentiment d’anhédonie des personnes souffrant de dépression légère à modérée

Dans cet article, vous allez découvrir ce que vous devez absolument savoir sur l’amélioration de notre santé mentale grâce aux hobbies ou à certaines pratiques bénéfiques qui peuvent devenir votre hobby !

Comment savoir si je souffre d’anhédonie ?

Dans un premier temps, avant de courir à la solution, vous devez comprendre ce qu’est l’anhédonie et apprendre à reconnaître ce symptôme.

Aujourd’hui divisée en plusieurs types par les professionnels de la santé mentale, l’anhédonie fait surtout référence à l’anhédonie de motivation et à l’anhédonie de consommation. L’anhédonie (du grec a « sans » et hedonê « plaisir ») se traduit globalement par la perte de la capacité à pouvoir ressentir un sentiment de plaisir ou d’intérêt durant des activités agréables qui, par le passé, étaient synonymes de récréation et de satisfaction, entre autres sentiments positifs.

La première (vouloir/wanting) se traduit par une absence d’intention à réaliser les choses, quant à la seconde (apprécier/liking) elle s’explique par une disparition de contentement tout au long des activités. Cette frontière qui semble si mince a pourtant toute son importance, car ce ne sont pas les mêmes mécanismes biologiques qui en sont la source ni les mêmes processus neurologiques (liés aux circuits de la récompense et du plaisir) qui sont impactés par l’anéantissement total des envies générales ou encore par la défaillance de la réjouissance à l’action.

L’anhédonie est un terme qui a été introduit en 1986 par un psychologue français du nom de Ribot. Il est identifié comme un signe prognostique courant chez les personnes souffrant de dépression, mais aussi de schizophrénie, de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, et de bien d’autres troubles neuropsychiatriques. À titre informatif, sachez qu’une étude de l’Université d’Emory a prouvé par imagerie médicale que l’inflammation provoquée par l’anhédonie grille les circuits de la récompense… Cette donnée fait écho avec la preuve qu’environ un tiers des personnes atteintes de dépression possèdent des niveaux élevés de marqueurs de l’inflammation dans le sang.

Le diagnostic doit bien évidemment être confirmé par un professionnel de la santé mentale, mais avant toute chose, il est essentiel d’apprendre à établir la différence entre ce signe avant-coureur et un simple « passage à vide » ou un classique « coup de mou », afin d’accorder l’attention nécessaire à la personne victime de ce symptôme.

Objectivement, si vous souffrez d’anhédonie, vous remarquerez que vous n’éprouvez plus aucune excitation ni ressentez de bien-être, d’amusement ou de joie, lorsque :

  • Vous pratiquez votre activité sportive ou créative préférée.
    Celle qui vous exaltait, normalement, et vous emplissait d’une énergie positive à déplacer des montagnes…
  • Vous jouez de votre instrument de musique.
    Celui qui vous procurait, habituellement, tant de frissons et de satisfaction…
  • Votre maman vous annonce qu’elle va vous préparer votre plat préféré pour le repas dominical.
    Celui qui, naturellement, vous mettait l’eau à la bouche depuis votre plus tendre enfance…
  • Vos amis évoquent votre traditionnelle soirée poker du samedi.
    Cette fameuse soirée toujours si attendue, jusqu’au jour où votre désintérêt a remporté la mise sur votre rendez-vous hebdomadaire…
  • Votre partenaire vous invite à une partie de galipettes.
    Ceci se passe d’explications…

Que s’est-il passé pour que j’en arrive à ce stade ?

Au fil des jours, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais vos émotions se sont comme effritées, puis envolées. Vous ne pouvez même pas dire que la vie vous laisse un goût amer, car en réalité, vous ne ressentez rien. Vous vous sentez comme anesthésié, plus rien ne paraît gratifiant ou satisfaisant. Chaque jour se ressemble. Il n’y a plus de montagnes russes émotionnelles, il n’y a plus de hauts qui flirtent avec des bas, juste le néant…

Heureusement, il existe un panel de solutions diverses et variées pour vivre de nouveau « normalement », soulagé de l’anhédonie. Une des façons naturelles de s’en sortir est d’avoir des hobbies. Cela a l’air si simple, face à ce problème si sérieux, qu’il semble improbable que cela fonctionne, et pourtant, c’est la première piste utilisée par les professionnels de la santé mentale pour traiter l’anhédonie de personnes souffrant d’une dépression légère à modérée. De plus, la science l’a confirmé à de multiples reprises, ce n’est pas un effet placebo !

Concrètement, l’anhédonie dérègle l’un des systèmes fonctionnels qui se trouvent dans le cerveau : le célèbre circuit de la récompense . Propre aux mammifères, il est le moteur de la survie de l’espèce, capable de nous prodiguer la motivation dont nous avons besoin à chaque instant pour mettre en place les actions et comportements nécessaires à la recherche active de nourriture, à la reproduction, à l’évitement des dangers, etc.

Très étudié et exploité dans diverses méthodes d’apprentissage, ce système de gratification est ancré en nous depuis l’Homme des cavernes et toujours indissociable de notre cerveau d’Homme moderne. Voici ses trois composantes :

  • Affective : le plaisir est une réaction de la « récompense » ou le déplaisir est la conséquence de la « punition ».
  • Motivationnelle : relative à la stimulation à acquérir la « récompense » ou à esquiver la « punition ».
  • Cognitive : se rapporte aux apprentissages mémorisés en rapport avec le conditionnement, la mise en exécution.

Lorsque cette délicate et essentielle élaboration est négativement chamboulée, les messages chimiques libérés dans le cerveau (comme la dopamine, la fameuse molécule du plaisir) sont impactés de plein fouet, causant alors, par exemple, l’anhédonie. Ce qui se produit est donc bien réel et c’est pourquoi il ne suffit pas « d’un bon coup de pied aux fesses » pour se remettre d’aplomb.

Ce n’est pas non plus une histoire de générations. Il faut arrêter de croire fermement que la charge mentale, la dépression et le burn-out n’ont pas touché les générations les plus anciennes, et qu’aujourd’hui, la population est faible.

Tout d’abord, l’anhédonie peut toucher tout le monde, cela n’est pas en rapport avec la force d’un individu. Par ailleurs, les personnes ayant vécu les grandes guerres ou des événements tragiques retranscrits ou non par l’Histoire, ont certainement été submergées par l’anhédonie, la dépression, le stress post-traumatique, au même titre que les générations actuelles sont impactées par les conséquences des attentats, des perturbations géopolitiques et des crises sanitaires ou économiques. Les seules différences entre le « monde d’avant » et le présent sont que nous osons davantage communiquer sur ces sujets (nous savons désormais, officiellement, que cela existe, que nous ne sommes pas l’unique personne à subir cela) et que nous avons des solutions à notre portée grâce à Internet, mais surtout via des professionnels de la santé mentale qui peuvent s’appuyer sur des recherches scientifiques.

« Le cerveau a cette capacité d’évoluer durant toute sa vie en créant de nouvelles connexions neuronales au gré de nos expériences et de nos apprentissages », déclare Sylvie Chokron, neuropsychologue et directrice de recherches au CNRS.

Comment les loisirs peuvent-ils améliorer ma perception et mes ressentis ?

« Jouer stimule le cerveau et favorise la plasticité cérébrale. L’idéal, c’est de varier les jeux. Une activité pratiquée trop régulièrement finit par devenir automatique et perd sa dimension cognitive », poursuit la neuropsychologue Sylvie Chokron.

C’est pourquoi, pour combattre l’anhédonie, l’amusement est le premier des remèdes à essayer, le plus tôt possible. Vous ne devez pas attendre que l’envie ou la motivation pointe le bout de son nez, car si vous souffrez d’anhédonie, cela n’arrivera pas et vous continuerez de vous enfoncer dans ce cycle infernal.

Le but n’est pas ici de récolter un sentiment de divertissement dans la minute, mais de dépoussiérer et de remettre à niveau notre système de récompense. La logique de cette solution réside dans le fait que même si vous êtes autant motivé qu’un escargot qui s’apprête à gravir l’Everest, vous devez vous lancer pour mettre en marche le système bien huilé qui subsiste dans votre cerveau, afin qu’il puisse retrouver ses bonnes vieilles habitudes en vous faisant de nouveau ressentir de la gaieté (petit à petit), dans le but ultime d’activer votre levier d’inspiration, destiné à s’actionner comme par enchantement par la suite…

Lancez-vous, persévérez, votre cerveau saura vous remercier !

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas avec tous les hobbies ?

Les études qui traitent des liens entre loisirs et santé mentale mettent en évidence que la clé de la réussite est de pratiquer uniquement des passe-temps que nous choisissons nous-même et qui plaisent véritablement.

Bien souvent, et en particulier si vous souffrez d’une mauvaise santé mentale, il est probable que votre partenaire ou vos proches décident pour vous d’une activité. Il est également prévisible que, par manque d’intérêt et par « je-m’en-foutisme », caractéristiques de l’anhédonie et de la dépression, vous choisissiez un loisir au hasard…

Dans ce cas, sachez d’avance que vous n’obtiendrez pas de résultats et même, dans certains cas, des résultats négatifs. Dès lors qu’une pression environnementale ou une habitude qui n’a plus raison d’être, ou encore un ressenti de culpabilité se manifeste en lien avec l’activité choisie, l’expérience ne pourra pas se mener à bien.

De plus, évitez de vous dénicher un loisir sur un écran… Quant au ménage, quoique fortement relaxant pour certaines personnes, il n’est pas non plus à prendre en compte dans les hobbies. Lorsqu’une personne est affectée par une mauvaise santé mentale (et que son système de récompense est impacté), il est courant de constater qu’elle va se réfugier (et donc fuir) :

  • Derrière un ou plusieurs écrans pour s’adonner à des marathons de séries, de films ou à des jeux vidéo, d’argent, ou encore accumuler les heures sur les réseaux sociaux et les expériences en ligne gratuites…
  • Trouver du plaisir en satisfaisant son besoin de contrôle par la réalisation de tâches ménagères. Cela peut s’avérer risible ; or, ceci peut aller jusqu’au développement de TOCS où la personne nettoie son foyer 20 heures par jour, par exemple.

À l’heure actuelle, les journées sont tellement rythmées, que le temps libre est majoritairement synonyme de « détente » devant les écrans ou de « défouloir de satisfaction » avec le ménage du sol au plafond. Bien que différentes en tous points, ces deux activités ne sont pas des centres d’intérêt à proprement parler, et peuvent vous faire développer de véritables dépendances addictives, comparables à celles envers les drogues ou le sucre ! D’ailleurs, il existe des cures de désintoxication numérique…

Quels sont les meilleurs hobbies pour ma santé mentale ?

Pour conclure cet article, je vous dirais que oui, les loisirs peuvent améliorer votre santé mentale, seulement si vous êtes totalement libre dans le choix de ceux-ci.

Il se peut que vous n’arriviez pas à lâcher prise ou à vous décider quant à la préférence de votre futur loisir. Dans ce cas, laissez-vous simplement porter par vos idées au moment où vous y songez, même si ce passe-temps est nouveau pour vous. Et puis, vous pouvez très bien essayer plusieurs hobbies, il n’y a pas de chiffre magique avec cette méthode de mieux-être…

L’anhédonie peut brouiller toute volonté de projection mentale et ainsi, vous pourriez penser que rien ne va vous plaire, tandis qu’une fois l’expérience en cours, votre cerveau décide que cette activité est bonne pour vous !

Pour résumer, les scientifiques déclarent sans cesse que les meilleurs hobbies pour une bonne santé mentale sont propres aux loisirs créatifs et aux jeux de société comme les puzzles, les mots croisés, les sudokus, les jeux d’échecs, la pétanque, etc.

Par ailleurs, les pratiques telles que la méditation, le yoga, la respiration cohérence cardiaque, la routine énergétique de Donna Eden, ou les tapotements de EFT peuvent devenir de véritables loisirs (surtout si vous rejoignez des groupes de pratique) qui vous apporteront un double effet positif : retrouver le plaisir et la résilience, et en même temps, vous aider à digérer des vécus difficiles du passé.

Vous pouvez pratiquer seul vos loisirs, mais également avec votre partenaire et vos enfants, et cela multiplie les bénéfices. D’un point de vue personnel, cela va vous amener à ressentir qui vous êtes, à diminuer votre stress, à soigner vos blessures émotionnelles et même, dans certains cas, à vous conduire dans une sorte d’état second. Au niveau collectif, cela assure la création d’un sentiment d’appartenance (primordial pour reprendre le dessus sur un état d’anhédonie) et fournit une force commune qui engendre une connexion qui a du sens.

Saviez-vous que l’OMS affirme que les arts vont être un outil de premier choix pour aider au rétablissement de notre santé mentale commune après la crise COVID-19 ?

Le neurologue Pierre Lemarquis a même déclaré à ce sujet :

« (…) dans notre cerveau nous avons une autre partie, archaïque, celle du plaisir et de la récompense, qui nous donne envie de vivre. L’art agit sur les deux : il sert à élargir notre état d’esprit, à nous apprendre de nouvelles choses, il agit sur la plasticité cérébrale et donc sculpte notre cerveau, mais aussi agit sur nos émotions, il caresse notre cerveau et stimule les hormones responsables du plaisir et de l’attachement : la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine et la morphine endogène.

C’est ce qui nous donne envie de vivre. C’est ce qui fait notre humanité. »

 

Sources et inspirations

https://www.researchgate.net/publication/263923135_Loisirs_et_sante_mentale_Les_relations_entre_la_motivation_pour_la_pratique_des_loisirs_et_le_bien-etre_psychologique_Leisure_and_mental_health_Relationships_between_leisure_motivation_and_psychologic

https://www.em-consulte.com/article/835070/figures/l-anhedonie-dans-la-depression

https://www.francemusique.fr/savoirs-pratiques/pourquoi-l-art-est-indispensable-a-notre-cerveau-93876

https://www.artcoachinginternational.com/l-oms-les-arts-et-la-sant%C3%A9/

https://apprendreaeduquer.fr/lexpression-creative-et-artistique-bonne-sante-mentale/

https://www.rvd-psychologue.com/cerveau-circuit-recompense.html

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Symptomes/Fiche.aspx?doc=anhedonie

https://www.santemagazine.fr/psycho-sexo/psycho/loisirs-creatifs-pourquoi-cest-bon-pour-le-moral-174218

https://www.lci.fr/bien-etre/coronavirus-ecrans-stress-manque-d-activites-sportives-comment-bien-dormir-en-cette-periode-de-confinement-2149209.html

https://theconversation.com/covid-19-lart-au-secours-de-la-sante-mentale-142149

https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/coronavirus/in-depth/mental-health-covid-19/art-20482731

https://www.pleinevie.fr/sante/cerveau/5-jeux-parfaits-pour-entretenir-son-cerveau-28814

https://www.frcneurodon.org/comprendre-le-cerveau/a-la-decouverte-du-cerveau/les-activites-physiques/#:~:text=Il%20est%20av%C3%A9r%C3%A9%20que%20la,maladies%20neurod%C3%A9g%C3%A9n%C3%A9ratives%20et%20la%20d%C3%A9pression

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/la-pandemie-aurait-elle-accentue-notre-propension-a-la-procrastination

http://www.jepenseaussiamoi.be/solutions-bien-etre/la-creativite-au-service-de-votre-bien-etre.htm?lng=fr

https://lesapprentisparents.fr/2019/11/15/une-strategie-de-discipline-positive-que-vous-pouvez-mettre-en-place-des-aujourdhui/

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir aussi les articles suivants

Qui se cache derrière les étudiants iepra ? 1.3

Qui se cache derrière les étudiants iepra ? 1.3

La fin de l’année approche pour nos étudiants de première année ! Comment ont-ils vécu cette première année de formation chez iepra ? (Saison 1 – épisode 3 – 8 minutes) Au mois de mai dernier, nous vous avions partagé le parcours de trois de nos étudiants de première...

restez informés de nos publications et informations

Abonnez-vous à notre newsletter

Pin It on Pinterest

Share This