Comprendre de l’intérieur la façon dont nous nous mettons en colère

29 juin 2021
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Auteur: Blog iepra

Lorsque des êtres humains sont provoqués et menacés, la colère surgit souvent spontanément et s’accompagne même de certains comportements agressifs. Dans la chaîne de la jungle biologique, les comportements agressifs (y compris la chasse, la poursuite et la morsure) sont la stratégie de base de la survie des animaux les plus aptes.
Notre système nerveux réagit automatiquement pendant les moments d’émotions fortes, telles que la peur ou la colère. Comprendre ce qui se passe dans notre cerveau quand nous sommes en colère nous aide forcément à mieux gérer nos réactions pour nous éviter des problèmes. Par conséquent, pour apprendre à réduire et contrôler de telles émotions extravagantes, les traitements s’avèrent utiles. Avant de vous lancer, découvrez ce qui se passe concrètement dans votre cerveau pendant une crise de colère. Nous vous parlerons aussi des cellules de l’amygdale récemment identifiées comme un médiateur clé du comportement agressif.

Que se passe-t-il dans le cerveau pendant la colère ?

Le sentiment de colère est un comportement humain naturel, comme toute autre émotion. La manière naturelle et instinctive d’exprimer sa colère est de réagir de manière agressive. Il faut dire que la colère est une réponse instantanée qui s’adapte aux menaces. Elle inspire des sentiments, des comportements forts qui nous permettent de nous battre et de nous défendre lorsque nous nous sentons attaqués. Par conséquent, la survie nécessite un certain degré de colère. D’un autre côté, nous ne pouvons pas attaquer physiquement chaque personne ou objet qui nous menace. Les lois, les normes sociales et le bon sens imposent des limites dans lesquelles nous ne devons pas laisser notre colère nous porter. Il est donc important d’utiliser une variété de processus conscients et inconscients pour pouvoir gérer nos sentiments de colère. Les trois réactions principales sont l’expression, la suppression et l’apaisement.

Un comportement agressif peut être comparé à un signal d’alerte envoyé par le système nerveux à notre corps afin qu’il déclenche une réaction urgente. L’amygdale est une structure dans notre cerveau responsable de la gestion de ces émotions. Comme la plupart des autres structures cérébrales, nous avons deux amygdales, qui ont la forme d’une amande. Chaque amygdale est située près de l’hippocampe, dans la partie frontale du lobe temporal. Ces parties de notre cerveau sont essentielles pour pouvoir contrôler les différentes émotions, telles que la peur, l’anxiété et la colère. Nos amygdales nous permettent également de percevoir les nombreux changements qu’une émotion crée en nous. Quand, par exemple, les battements de notre cœur s’accélèrent en situation de peur, nos amygdales sont probablement très actives à ce moment-là. Dans le cas de la colère, notre cœur est également affecté. Cela est dû à une augmentation de la pression artérielle. En effet, le taux des catécholamines et du cholestérol augmentent dans le corps d’une personne très énervée, ce qui engendre une forte accélération des artères et des amas graisseux du cœur, ainsi qu’une grave montée d’adrénaline. Une telle situation met en danger la santé de votre cœur.

Actuellement, il a été démontré dans plusieurs laboratoires que les lésions du noyau central affectent toutes les réponses de conditionnement de la peur et pas seulement celles du système nerveux autonome, comme l’altération du rythme cardiaque. Dans l’amygdale, il y a des neurones capables d’exprimer le CRF, le facteur de libération de l’hormone ACTH. À son tour, cette hormone est sécrétée par l’hypophyse antérieure en réponse au stress. De tout notre cerveau, l’amygdale est considérée comme la structure avec le plus grand nombre de récepteurs d’émotions. Sur le plan neurochimique, l’amygdale est étroitement liée aux processus de stress et d’anxiété. Dans le cas de la colère, le contexte est caractérisé par le fait que le stimulateur conditionné n’est pas sensoriel spécifique, tel que la lumière ou le son, mais plutôt un ensemble de stimulateurs contextuels différents. Des études ont montré que dans une telle situation, l’hippocampe génère une représentation intégrée des facteurs externes qui composent le contexte. Ces informations atteignent l’amygdale, qui les envoie par la suite vers le noyau central. Ce dernier est le responsable du déclenchement des réponses de colère.

Différentes preuves expérimentales ont montré que les lésions du noyau central de l’amygdale affectent toutes les réponses du conditionnement d’une émotion, telle que la colère. Ainsi, la stimulation de la peur produit entre autres des augmentations de la fréquence cardiaque, de la fréquence respiratoire, de la pression artérielle, de la libération d’hormones de stress, une montée d’adrénaline. L’amygdale semble donc être une structure impliquée dans la médiation, à la fois des réponses émotionnelles et du sentiment conscient de la colère. Dans certaines études, les chercheurs ont directement stimulé les amygdales de patients avec une chirurgie cérébrale et leur ont demandé de rapporter leurs impressions. L’expérience subjective la plus fréquemment rapportée par ces patients était celle d’un danger imminent et de la peur ou de la colère. En effet, l’amygdale semble moduler toutes nos réactions à des éléments importants pour notre survie.  Par conséquent, les événements nous avertissant d’un danger imminent sont des stimuli forts pour l’amygdale, en plus des événements qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, etc. Des études avec des humains ont également révélé l’implication de l’amygdale dans la réaction agressive lors de la colère et dans la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles dans de telles situations.

Cellules de l’amygdale identifiées comme médiatrices de la colère

L’amygdale est considérée comme la structure la plus importante de notre système limbique. C’est lui qui contrôle et gère nos émotions les plus irrationnelles. Dans cette partie du cerveau, la défense est générée contre les pires de nos sentiments, y compris la colère. Grâce à l’amygdale, nous pouvons échapper à des situations qui mettent notre survie en danger. Néanmoins, cette partie permet à nos peurs les plus profondes et à nos traumatismes de voir le jour, ce qui peut engendrer des comportements agressifs, même si l’amygdale est censée nous aider à ne pas nous laisser emporter par la panique et l’anxiété. Le noyau central de l’amygdale a des connexions avec le tronc cérébral.

Récemment, une étude réalisée par des chercheurs de l’université du Zhejiang a été publiée pour annoncer la découverte de nouvelles cellules cérébrales responsables de la réaction agressive lors d’une colère. L’expérience a déclenché un comportement agressif chez les souris avec l’excitation de ce circuit de contrôle présent dans leur cerveau. Ce circuit neuronal, présent également dans notre cerveau, permet de gérer nos comportements agressifs quand nous nous énervons. En revanche, les études ne révèlent pas assez d’informations sur le mode de fonctionnement exact de ces circuits neuronaux, qui reste encore obscur. Les dernières recherches de l’université du Zhejiang confirment avoir trouvé une nouvelle région dans le cerveau, qui n’a pas été découverte auparavant par la science. Ce coin caché dans le cerveau semble jouer le rôle du médiateur en termes de déclenchement d’un comportement agressif en cas d’énervement. Ce circuit neurologique se trouve dans la partie du cerveau dite Substantia Innominata postérieur (pSI).

Qu’est-ce que les cellules de la substantia innominata ?

La substantia innominata, connue aussi sous le nom de la « substance innominée de Reichert », est une fine bande située à la base du tractus olfactif de notre cerveau. Cette partie très complexe présente encore des mystères pour les chercheurs. Elle est constituée d’une multitude de structures, y compris le noyau basal de Meynert. Négligée pendant longtemps, cette zone neuronale du cerveau présente une forte activité pendant les moments de colère, ce qui a été constaté chez les souris. En effet, les cellules de la substantia innominata s’activent même avant la bataille entre deux souris dans le but de prédire la manière dont le corps doit réagir. L’expérience menée par les chercheurs de l’université du Zhejiang sur les souris a bien confirmé que cette partie du cerveau déclenche des réactions neurologiques quelques secondes après son excitation. Le comportement de la souris est devenu agressif une fois la partie substantia innominata photostimulée : ses pupilles se sont dilatées, son rythme cardiaque et sa respiration se sont accélérés et son corps a commencé à trembler.

L’implication de la substantia innominata dans la colère

D’après Darwin, les comportements agressifs et la colère se conservent quelque part dans le cerveau de l’animal et de l’être humain durant leur évolution. Ainsi, des circuits cérébraux spécifiques évoluent avec le temps dans notre cerveau, non seulement pour le stockage des informations relatives à l’agressivité et la colère, mais aussi pour le contrôle et l’exécution de ce type de comportement. Ces cellules responsables font forcément partie des neurones de la substantia innominata. L’enregistrement de l’activité neuronale de ces dernières a prouvé l’hypothèse que cette partie de notre cerveau possède tous les codes de la relation entre les stimulateurs de menace et la réponse agressive. En inhibant optogénétiquement les cellules de la partie substantia innominata dans le cerveau des souris, les chercheurs ont constaté qu’elles ont pu retrouver leur calme et sont devenues moins agressives. En outre, cette inhibition n’avait aucun impact sur les autres activités sociales des souris. Les résultats de ces études ouvrent de nouvelles portes pour mieux comprendre le rôle de l’amygdale dans tout comportement agressif pathologique chez l’être humain. Il faut donc savoir contrôler les mécanismes de cette violence en comprenant comment les neurones de la substantia innominata traitent et transmettent ces informations. Le but est de trouver de nouvelles alternatives dans le traitement des comportements agressifs incontrôlables durant les crises de colère chez certains patients.

Pour conclure, notre cerveau ne fait pas de distinction, que l’attaque soit réelle ou qu’elle soit perçue, qu’elle survienne concrètement dans l’ici et le maintenant ou que la situation fasse remonter en nous des souvenirs des attaques du passé : notre système se met en mode attaque/défense. Ce n’est pas la colère le réel problème, mais la difficulté à l’exprimer de manière non agressive, non destructrice.

Vous rappelez-vous d’une dispute au cours de laquelle vous pensiez avec force avoir raison ? Ou avoir estimé que l’autre vous avait dit quelque chose d’horrible ? Quelques jours plus tard, vous vous êtes peut-être dit : « Mais finalement, pourquoi t’es-tu emportée, ce n’était pas si grave… », ou encore : « Comment ai-je pu exploser de cette manière, puisque globalement il/elle est sympa avec moi ? »

Vous avez peut-être déjà remarqué que dans ces moments de colère, vous avez une vision étroite de la situation, de l’autre. C’est ce que notre système de survie fait : toute notre attention est focalisée sur l’adversaire, « le danger», et l’accès au cortex préfrontal est coupé.

Aider nos clients à exprimer fermement leurs sentiments sans agressivité leur permet d’exprimer sainement leur mécontentement et leur colère. 

Pour arriver à identifier leurs besoins, exprimer leurs points de vue et se satisfaire sans blesser ou faire du mal aux autres, il est nécessaire de les aider à apaiser globalement le système nerveux et de stimuler le sentiment de sécurité du cerveau et du système nerveux. Cela va permettre à notre cortex préfrontal (la partie du cerveau qui a une vue globale, qui place l’événement dans un contexte plus large et qui peut raisonner) de nous fournir les éléments nécessaires pour pouvoir agir plutôt que de réagir.

Si, pour des raisons de condition sociale ou par peur de nous faire rejeter, nous contrôlons ou supprimons la colère sans qu’elle ait pu jouer son rôle (mettre des limites claires, nous battre ou fuir), il y a la possibilité de nous décharger de manière positive des pensées qui tournent en rond dans notre tête et des substances biochimiques que la colère laisse dans notre organisme. Cela nous permet alors de revenir dans le lien avec l’autre pour parler et exprimer, et non s’attaquer.

Cela signifie que vous apprenez à vous respecter et respecter l’autre.

Il existe des thérapies spécialisées dans ce domaine pour vous apprendre à gérer votre stress et votre colère : la psychologie énergétique, les respirations et la cohérence cardiaque compassionnelle, les approches psycho-corporelles en sont des exemples particulièrement efficaces.

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