Accompagner les enfants dans le contexte Covid19

16 avril 2020
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Nous y sommes !

Aussi ingénieuses et créatives aient pu être nos stratégies pour vivre plus ou moins en dehors des turbulences liées à l’épidémie du coronavirus-Covid19, les dernières mesures de confinement entrées en vigueur ont fini par perturber aussi le quotidien des plus cools d’entre nous.

Entre les impératifs professionnels, la logistique familiale à réinventer, l’anxiété qui peut apparaître par rapport à la santé et au bien-être de nos proches, la vigilance à la recherche des dernières nouvelles au sujet de la pandémie, les consignes d’hygiène et d’éloignement à respecter, il serait peu étonnant d’entendre ou observer que certain.e.s en oublient presque les enfants… Ah oui, il y a aussi les enfants ! Ils vivent dans notre sillage, nous pourrions parfois avoir l’impression qu’ils sont quasiment notre prolongement. La descendance, les têtes blondes, les ados… aussi jeunes soient-ils, vivent chacun.e leur propre réalité.

par Mieczyslawa Wojcik

Accompagner les enfants – généralités

Que ce soit dans le rôle de parent, soignant, éducateur ou accompagnant de tout horizon, le contexte Covid19 avec son flux dense d’information – certain.e.s parlent d’infodémie -, nous demande avant tout de rester centré, de garder nous-même, individuellement, un niveau de calme intérieur suffisant qui nous permette d’accueillir l’enfant.

La manière d’entrer en lien avec l’enfant dépend de plusieurs critères : l’âge de l’enfant, son tempérament – plutôt introverti ou extraverti -, le niveau d’anxiété ressenti, les circonstances extérieures au moment de la rencontre.

L’âge de l’enfant : le discours, les mots utilisés et le contenu de l’information échangée seront adaptés à son âge, de sorte à garantir un climat de confiance et de sécurité. L’on utilise des images simples face à un.e tout.e-petit.e, quand l’échange avec un.e adolescent.e demandera du contenu plus détaillé et aussi peut-être une mise en perspective ou de la nuance par rapport à l’information collectée par l’ado.

Le niveau d’anxiété et la manière dont elle est vécue détermineront aussi la façon d’aborder l’enfant, toujours en gardant comme fil conducteur le sentiment de sécurité. L’enfant a-t-il l’habitude d’exprimer ses émotions et ressentis, est-il habituellement encouragé à le faire ? Observe-t-on, ces derniers temps, dans le contexte Covid19, des changements dans ses comportements ? Rappelons que tout changement de comportement peut être signe d’anxiété : les tout-petits sont en règle générale plus expressifs et s’expriment par des crises de larmes intenses, surtout en présence d’une figure d’attachement. Les adolescents ont plutôt tendance à se renfermer et ce contexte de confinement imposé, où les contacts en présence avec les pairs sont fortement réduits, peut devenir source d’angoisse et de mutisme de leur part. Une fois encore, l’accueil bienveillant et une communication ouverte et transparente permettent d’installer un climat de confiance et un sentiment de sécurité auprès des jeunes.

Enfin, les circonstances extérieures – la stabilité et la disponibilité émotionnelles de l’adulte accompagnant, le nombre d’enfants présents et la gestion du groupe, l’espace-temps de la rencontre – ajoutent une dimension de complexité supplémentaire dans la relation à l’enfant. L’adulte accompagnant est-il lui-même stable et disponible à l’enfant ? Si vous vous sentez angoissé.e, en ces circonstances sur lesquelles l’individu a peu de prise, il vous est fortement conseillé de consulter un professionnel. L’anxiété d’un enfant diminue dès lors qu’il se sent en sécurité dans le lien avec les adultes qui l’accompagnent. Et inversement, il absorbe le stress ambiant, quels que soient les efforts déployés par l’adulte pour le cacher.

A l’instar de Françoise Dolto, la psychologue Evelyne Josse le répète et nous nous permettons d’insister sur ce point également : un enfant comprend toute information qui lui est expliquée. Comprendre une situation donne un sentiment de maîtrise et donc de sécurité, dans un contexte qui dépasse jusqu’aux autorités qui ont pour mission de protéger la population. Comme pour les relations entre adultes, le point crucial dans la relation à l’enfant est la communication ; une communication adaptée à son âge et ses potentiels individuels. Dans ses articles récents traitant du coronavirus et des enfants, Evelyne Josse nous donne les clés d’une communication efficace et bienveillante avec les jeunes.

D’autre part, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik explore de manière accessible la théorie de l’attachement et comment le sentiment de sécurité intériorisé par l’enfant lui permet d’appréhender le monde avec plus de sérénité.

 

Covid19 – la sérénité des enfants : quelques outils

En cette période de ralentissement forcé, de confinement, nous est donnée l’opportunité de prendre le temps de vivre des moments de qualité avec nos enfants, en pleine présence. La reine des ressources de chaque personne est son espace de calme intérieur, son Self. Laisser le Self rayonner sa présence dans le lien à l’enfant est un outil puissant de retour au calme, à la sérénité. Il est important, en tant qu’accompagnant d’enfant de veiller à cette qualité de présence bienveillante et compassionnelle. La cohérence cardiaque est un outil efficace pour se reconnecter à son espace de calme intérieur. Il existe moultes vidéos et applications, facilitant la pratique de la cohérence cardiaque. Vous pouvez aussi faire une séance de tapping en auto-traitement, ou suivre les capsules vidéos live Iepra dernièrement mises en ligne sur le site et les réseaux sociaux. Dans l’urgence, quelques respirations profondes en stimulant le point Gros Intestin4, vous permettront un retour au calme. Une fois le calme installé, l’adulte est présent à l’enfant et prêt à utiliser des outils complémentaires.

Pour les nourrissons en période préverbale : au-delà des câlins, gestes affectueux, chants et comptines, le jeu et le rire. Il se peut qu’ils soient effrayés par la vue d’un masque ou qu’ils ne reconnaissent pas les personnes portant un masque. Dans ces cas de figure, jouer avec l’enfant en enlevant le masque et en le remettant lui permet de voir le visage dans son entièreté et le rassure ; le sourire est rassurant également. Le point de relaxation Extra Point 1 baisse le niveau de stress et la douleur. Masser le thymus ainsi que l’espace entre les omoplates, dans le dos, active l’immunité. Le livre de Rachel Izsak Simonet offre de nombreuses pistes pour masser les bébés. Si vous êtes adeptes de l’aromathérapie, la pharmacienne Danièle Festy est une source d’inspiration fiable.

La petite enfance et école primaire : place à la créativité, l’expression et l’exploration ! L’enfant a besoin d’être entendu et accueilli dans ce qu’il vit. Invitez-le à exprimer son vécu par son canal favori : kinesthésique, art plastique, manuel, culinaire, vocal, musical,… Ensuite, accompagnez-le pour représenter la source de son anxiété par un bricolage, un dessin, une peinture, par le choix d’un jouet ou tout autre objet – un masque ou un gant, par exemple. Vous pouvez alors faire une séance de tapping en invitant l’enfant à tapoter sur l’objet représentant la source de l’anxiété – le virus, une personne, le masque, l’hôpital, l’école… – et vous tapotez en même temps sur l’enfant. Dans les rondes de tapping, vous incluez les éléments qui composent la source de l’anxiété : couleur, taille, forme, chaleur ou froideur, bruit, mélodie, rythme, sensations, etc. Le livre « La couleur des émotions. » édité sous forme pop-up est en lui-même un très bel outil d’accompagnement esthétique, interactif et ludique et aide un enfant à comprendre la nature des différentes émotions de base.

L’adolescence : période par nature remplie d’incertitude, de quête de sens, de recherche identitaire… Pourquoi ne pas saisir l’opportunité de ces circonstances particulières pour (re)nouer ou élargir, approfondir le dialogue avec les ados ? Partir à la rencontre de leur monde et de ce qu’ils voudront bien en laisser découvrir ? Comme pour les plus jeunes, l’important est de les rassurer et renforcer le lien de confiance. Pour rappel, il ont besoin de sentir qu’ils sont pris au sérieux, que ce qu’ils disent, pensent, partagent, compte. L’on peut se risquer, dans les rondes, à balayer plus large et y inclure des éléments liés à la quête de sens, aux incertitudes de fond en rapport avec leur vécu en cette période de vie particulière et pour autant que ces éléments aient été évoqués : relations amicales, amoureuses, scolarité, projets, réseaux sociaux, etc. Il s’agit ici de continuer à construire le lien de confiance entre l’adolescent et l’adulte, de renforcer son estime de soi et son espace de sérénité intérieure.

 

Le quotidien à la sauce Covid19

Nombreuses sont les personnes confinées et contraintes au télétravail ; il arrive régulièrement que ce télétravail se déroule en présence des enfants dont les écoles ont suspendu les cours. Cette situation ajoute à l’anxiété ambiante due à la pandémie. Pour information, des collectifs citoyens s’organisent pour l’entraide et échange de services en tout genre : n’hésitez pas à explorer ce qui se met en place dans votre quartier ou autour. Déléguer la garde des enfants durant quelques heures permet de récupérer plus de sérénité, pour ensuite pouvoir les accueillir avec bienveillance.

Et après ? De nombreux musées et opéras mettent leurs collections et enregistrements à disposition gratuitement, en ligne : le Metropolitan de New-York, l’Opéra de Paris, les musées Guggenheim, l’Hermitage de Sankt-Petersburg, le Louvre à Paris, les musées d’Art et d’Histoire de Bruxelles et bien d’autres.

Pour gérer le quotidien avec légèreté et humour, deux sites créatifs : PapaPositive et Adozen.

Enfin, puisque nous avons le temps et que c’est recommandé par les autorités : promenons-nous au grand air, emmenons la jeunesse à la découverte de la vie qui s’éveille en ce début de printemps parce qu’un virus, c’est aussi une forme de vie. Laissons les rayons du soleil, le souffle du vent, les gouttes de pluie nous faire sentir vivant.e.s.

 

A notre santé à tou.te.s !

 

 

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