Comment se sentent nos étudiants en ce tout début de troisième année chez iepra ? Sont-ils prêts pour cette dernière ligne droite ?
(Saison 1 – épisode 4 – 8 minutes)
Ça y est. Deux des étudiantes que nous suivons dans leur parcours de formation chez IEPRA, Sabine et Anne-Catherine, viennent d’entamer leur dernière année. Après avoir brillamment terminé leur deuxième année au mois de décembre et profité de quelques semaines de « congé » bien méritées, elles sont plus motivées que jamais et confortées dans leur choix de réorientation professionnelle.
Je vous laisse découvrir leur interview.
J’ai d’abord questionné nos deux étudiantes sur la formation en elle-même et l’effet que cela avait aujourd’hui sur elles, sur leur entourage, leur famille. J’ai aussi voulu savoir si cela impactait leur travail actuel, si elles recevaient des retours particuliers sur ce changement d’orientation, si les choses étaient plus claires.
Sabine : La formation me permet d’être enfin alignée, connectée à mes besoins profonds, et d’en ressentir des sensations différentes.
J’éprouve parfois un certain inconfort quand des réajustements en dehors de ma zone de confort sont nécessaires, mais surtout, il y a le bien-être que cela procure, car je décide en conscience de me choisir.
Mon entourage proche et ma famille expriment à l’unanimité leur fierté à mon égard, et ce, depuis le début de ma reconversion. Je suis chanceuse d’être soutenue dans ce parcours et je les en remercie infiniment.
Cependant, l’impact majeur se situe au niveau professionnel. En juin 2021, différents « ralentisseurs » successifs ont commencé à me barrer la route. Je savais que je devais décrypter les messages, mais, en bon être humain en mode survie, j’ai forcé le « pilote automatique », j’ai continué à faire, faire, faire en ne prenant pas le temps de me poser.
La vie a donc utilisé un autre moyen, un signe physique fort ! Un signe physique qui était apparu lors de mon burn-out, il y a quelques années. J’ai tout de suite compris ce qui allait se passer si je n’écoutais pas mon corps.
J’ai pris conscience que mon métier actuel ne m’emmènerait pas là où je veux aller. J’ai pris la décision de me mettre en arrêt. À l’écart de mon quotidien professionnel, j’ai pu observer cet aspect de ma vie, laisser remonter les émotions enfouies pour les accueillir une à une. Le travail d’alignement a pu commencer, se structurer et se matérialiser quand j’ai annoncé à ma hiérarchie qu’il n’y aurait pas de retour en arrière possible et que je ne reviendrais pas. Mon métier ne m’épanouissait tout simplement plus.
Est-ce que les choses sont plus claires pour moi maintenant ? La réponse est un grand OUI ! Je remercie finalement le Covid de s’être logé dans mon corps, car j’en ai tiré énormément de leçons. Cela a amené naturellement du calme et j’ai pu revenir aux fondamentaux dont mon corps avait besoin.
Petit à petit, j’ai pris conscience de ce qui se jouait pour moi dans cette épreuve virale qui symbolise la croisée des chemins dans laquelle je me trouve encore aujourd’hui. J’ai commencé à y voir plus clair, j’ai pu faire des choix justes et écologiques pour moi afin de permettre une collaboration corps/esprit plus sereine.
J’avance à mon rythme vers mon équilibre.
Anne-Catherine : J’ai davantage conscience de mes mécanismes, j’apprends à m’écouter et à prendre soin de moi. Je fais de plus en plus confiance à mon ressenti, à mon instinct, à la vibration que mon cœur émet lorsque j’écoute l’autre. Mon compagnon, ma famille et mes amis me soutiennent à 100 % dans ce choix, même si cela n’a pas toujours été le cas.
Comme nous sommes une famille enchevêtrée, ma formation fait également bouger des choses chez eux. J’ai eu besoin d’un temps d’arrêt dans ma carrière actuelle, pour me poser et réfléchir à ce que je voulais et ce que je ne voulais plus.
Aujourd’hui, mes parents m’appuient et sont convaincus que je vais y arriver, ils sont là pour moi. La dynamique a changé, et c’est vraiment chouette. Ils se rendent compte que c’est un métier qui me convient mieux.
De manière générale, je ne reçois que des retours positifs de mon entourage.
Les choses sont plus claires pour moi, et ce temps d’arrêt m’a permis d’intégrer, prendre de la distance et m’écouter.
Sabine et Anne-Catherine ont accompagné des clients, chacun pendant dix séances. Cette prise en charge de clients est l’un des aspects qui nous tiennent le plus à cœur chez IEPRA. Alors, comment ont-elles vécu cette expérience ? Se sont-elles senties soutenues et accompagnées, par leur entourage, mais aussi au sein d’IEPRA ? Que se sentent-elles capables de faire aujourd’hui dans l’accompagnement de clients ?
Anne-Catherine : Au départ, j’avais peur : la prise en charge de clients était une grosse étape en deuxième année. Et au final, ça a été une très belle expérience humaine ! Cela m’a apporté beaucoup de confiance dans la connexion avec l’autre. Ce qui a encore plus appuyé cette confiance, ce sont les retours positifs que j’ai reçus de mes deux clientes. Je me rends compte que l’image que j’ai envie de renvoyer est celle que je reflète finalement, quand je reçois leurs mots.
J’ai été amenée à légèrement recadrer l’une d’elles, qui avait du mal à respecter les horaires, et en fait, cela m’a aidée à davantage apprendre à poser mes limites et me faire respecter.
Cela fait partie des changements qu’a apportés le travail fait sur moi-même lors des séances chez IEPRA.
J’apprends à avoir plus d’estime de moi et à m’écouter, ce que je ne faisais pas suffisamment dans le passé. Je le vois aussi dans la société familiale. Ça a été compliqué à un moment, mais tout est rentré dans l’ordre, car ils ont vu que j’avais vraiment pris ma décision et ils respectent ce choix, selon mes conditions.
Parmi les formateurs, je peux compter sur Yves, Ulrike, Laurence et Miecia, ainsi que sur Céline dès que j’ai une question, un doute sur mes capacités.
Dans ma sphère privée, j’ai un compagnon extraordinaire qui me soutient à 100 % et m’accompagne dans les moments plus difficiles.
Sabine : Accompagner mes deux clientes a été comme faire du vélo sans roulettes sous l’œil bienveillant de IEPRA, qui d’ailleurs n’est jamais très loin en cas de besoin. Cela m’a permis d’entrer plus concrètement dans la pratique, d’observer que je suis capable d’être thérapeute (car je le vaux bien !).
Ça a été une réelle aventure humaine. J’y ai ressenti beaucoup de fluidité dans l’utilisation des techniques, de la douceur, de l’authenticité, de la bienveillance et du respect.
J’ai pu observer en dix séances l’évolution incroyable de mes clientes. Des changements concrets sont intervenus dans leur quotidien pour qu’elles-mêmes puissent vivre et ressentir ce que je citais plus haut.
J’ai beaucoup de gratitude quand je repense à ces séances, je réalise que j’ai évolué avec elles. J’ai été émue par leur feedback écrit et leurs attentions lors de la dernière séance, car elles étaient dans la gratitude également.
Les supervisions individuelles et collectives sont de vraies opportunités pour mettre en évidence ce que nous faisons de bien et comment on pourrait faire différemment dans l’approche thérapeutique. Il n’y a pas ce clivage que l’on retrouve dans l’apprentissage classique (c’est bien ou ce n’est pas bien). Chacun est à sa juste place, il y a une vraie reconnaissance de nos forces qui forgent notre identité de thérapeute.
Il y a également cet espace appelé « axe de progression », dans lequel IEPRA nous accompagne autant de fois que le besoin s’en fait sentir pendant et en dehors des modules.
Ma famille, quant à elle, est toujours au petit soin pour moi. Elle me demande quand j’ai une séance pour ne pas me déranger et ils ajustent volontiers leurs emplois du temps respectifs selon mes rendez-vous pour ne pas être à la maison.
En ce début de troisième année, leur future activité leur apparaît de plus en plus clairement… Parviennent-elles déjà à se projeter complètement et à en parler autour d’elles ? Ont-elles déjà réussi à se rendre davantage visibles ?
Sabine : Ma priorité est d’intégrer une structure associative à mi-temps en tant que salariée pour mettre à profit mes compétences RH et mes compétences dans l’accompagnement. J’aimerais mettre en lumière les belles ressources que possède chaque être humain, aider les gens à se reconnecter à leur essence pour se réinsérer dans une voie professionnelle qui leur convient. (Tiens, tiens, c’est ce que je vis, non ?)
L’autre mi-temps me permettra de continuer la troisième année sur un rythme moins soutenu (entre ma vie de salariée, de femme, de mère, de fille, d’amie…) et de structurer mon futur très proche.
Bien que je ne sois pas encore visible pour le moment, je visualise très bien ma future activité. Le nom de mon site est trouvé, le logo en cours de finalisation, et je vais prochainement travailler sur le contenu de mon site que j’adapterai selon les formations additionnelles que je vais suivre en plus de celles enseignées par IEPRA.
Au-delà de tous ces aspects, la solidarité est pour moi une notion très importante, le soin thérapeutique devrait être accessible à tous. On a tous besoin d’au moins une main tendue au cours de sa vie.
Je suis bénévole dans une association qui a vu le jour en septembre 2021. Cette association apporte un soutien matériel auprès de femmes enceintes en grande précarité. J’ai donc proposé d’intervenir pour le soutien psychologique.
Dans un cycle vertueux, œuvrer pour une cause associative correspondant à ses valeurs peut faire parler de soi et avoir l’effet boule de neige : 2022, ça va dépoter !
Anne-Catherine : Je me projette de plus en plus vers l’avenir. Je commence à avoir de la visibilité et je m’autorise à en parler autour de moi, beaucoup plus qu’au début !
Mon site internet est presque prêt ! Je vais bientôt l’annoncer. J’ai également aménagé la pièce où je recevrai mes clients. Les choses se mettent en place, j’ai vraiment envie de mettre en pratique tout ce que j’ai vu.
Je me vois vraiment être thérapeute. Le fait d’avoir reçu les retours positifs de mes clientes a été important pour moi. Ça m’a touchée et ça m’a permis de me dire que j’ai ma place, que je suis légitime. Je n’avais pas encore ce sentiment en fin de première année, donc c’est un gros changement pour moi.
D’ailleurs, pour la petite histoire, je devais remplir des papiers à l’école de ma fille, et dans la case « métier », je n’ai pas su mettre ma profession actuelle… La seule chose qui m’est venue a été « thérapeute » ! Et c’est ce que j’ai noté !
Chaque année, nos étudiants ressentent une forte évolution. Mais qu’est-ce qui a été le plus marquant cette année, en termes de ressenti ? Que se sentent-elles capables de faire après les deux premières années de notre formation ?
Anne-Catherine : Je fais davantage confiance à ma sensibilité, à mes ressentis. J’écoute ce qui vibre, je suis plus à l’écoute de ce qui se passe en moi.
Pour moi, certaines lectures ont été très difficiles. Nous posons un regard beaucoup plus clinique, et le travail sur nous est nettement plus intense. Après cette année, j’avais besoin d’un temps d’arrêt. La deuxième, ça déménage !
Je suis très heureuse d’avoir entrepris ce voyage, dans un premier temps, pour chercher la vérité au plus profond de moi-même. C’est une expérience extraordinaire, même si elle bouscule. C’est l’un des plus beaux cadeaux que je pouvais m’offrir.
Je réalise que se connecter à soi, entreprendre ce périple est courageux, car on laisse ce qui est familier et réconfortant derrière. Il faut accepter que tous ceux que nous rencontrons en chemin ont quelque chose à nous apprendre. Considérer tout ce qui nous arrive au cours de ce voyage comme une clé. Se faire confiance, s’écouter, être prêt et préparé à assumer et pardonner certaines réalités nous concernant.
Sabine : Après ces deux années de formation, je me sens légitime. La prise en charge de clients y est pour beaucoup, en plus des évaluations de fin d’année, et c’est pour moi l’élément le plus marquant. J’ai pris plaisir à m’ouvrir et à sortir du cocon de ma promo grâce au groupe « Iepra Connecté.e.s ».
Ce groupe m’a permis de lancer une invitation à l’une de mes supervisions, de m’exercer avec d’autres personnes. J’y fais de très belles rencontres.
Je retiens donc de cette deuxième année l’ouverture d’esprit, et surtout l’ouverture du champ des possibles qui autorise la douce folie d’emprunter tel ou tel chemin et de réévaluer l’itinéraire si nécessaire.
Bonjour Sabine et Anne Catherine, merci beaucoup pour vos témoignages, félicitation et bravo à toutes les deux, vous avez eu le courage d’entendre et d’accepter de prendre des chemins différents pour améliorer votre qualité de vie, tout le monde mérite une vie épanouissante, de se retrouver avec soi même, nous avons tous des choses à entendre, à accepter et à pardonner.
Je viens de commencer ma première année et ai intégré un petit groupe très solidaire, les personnes de chez IEPRA sont bienveillantes.
Je vous rejoins dans cette belle aventure humaine avec conviction, votre témoignage à chacune, ma convaincu de mon choix, cette envie de transmettre, d’accompagner les clients pour qu’ils puissent être mieux au quotidien mais pour autant ne pas s’oublier, être aligné, être en paix, rester dans la lumière, sur notre chemin de vie en toute conscience, OUI QUEL BEAU CADEAU !!!!
Ho quel beau feedback Nathalie !
Je me réjouis de voir que tu es déjà en train de créer des liens avec les étudiants des autres années et je suis sure que ton chemin en sera grandement enrichi ! J’y vois toutes ces belles qualités avec les quelles tu arrives déjà dans la formation (comme tu le dis bien, comme les autres étudiants).
Et quand j’entends ton envie d’accompagner des personnes pour être alignés, et pour être lumineux et en paix, j’entrevois déjà le précieux cadeau que ton accompagnement sera pour eux.
Ulrike