Je n’ai pas besoin de thérapeutes et les psys c’est pour les fous !

31 août 2026

 

« Cela me concerne pas ! Je vais bien ;

C’est normal d’être stressé !

A mon âge, c’est plus des frais !

De toute façon, je ne changerai pas, je suis comme cela, Je suis stressée de nature !

C’est dans ma famille, nous sommes tous comme cela !… »

 

La peur de la folie ! D’où vient-elle ?

« Cela ne me concerne pas ! Je vais bien ! C’est normal d’être stressé ! À mon âge, c’est plus des frais ! De toute façon, je ne changerai pas, je suis comme cela, je suis stressé de nature ! C’est dans ma famille, nous sommes tous comme cela !… »

L’imaginaire populaire par rapport à la consultation

Dans l’imaginaire populaire, la thérapie est-elle réservée aux fous ? Est-ce un signe de faiblesse de consulter un professionnel de la santé mentale ? Va-t-on me montrer du doigt ? Dois-je me sentir coupable ou honteux de ne pas m’en sortir seul ? Vais-je être rejeté ou moqué par mes proches, mes amis, ma famille, mes collègues si cela s’apprend ? Suis-je condamné à rester tel que je suis parce que j’ai été porteur d’une souffrance pendant des années ? Comme si elle était devenue partie prenante de ma personnalité ou de mon identité ?

La peur d’être décortiqué et d’avoir son intimité mise à nu !

Combien de fois n’a-t-on pas entendu ces mots dans la bouche de copains, de patients, de collègues, de membres de la famille ou d’amis, ou dans de simples conversations ?

Je ne compte plus le nombre de fois où des « amis », des « copains » — quand même un peu stressés ou gênés de le dire — exprimaient leur peur d’être analysés, décortiqués, mis à nu, hypnotisés, à poil devant le « thérapeute » de la soirée, ou à l’inverse me mettaient au défi de les décrypter, de les décrire, de leur tirer leurs traits principaux de personnalité ! Un peu comme un mentaliste dont on a tiré une série qui a mis ce métier à la mode…

L’histoire de la folie et de l’inconscient

Il existe tout un monde fantasmé autour de la notion de psyché, d’inconscient ou de thérapie. Son point de départ historique moderne est probablement plus psychanalytique, avec toutes les contestations qui ont entouré le monde freudien — de l’opposition entre Jung et lui à, plus récemment, Michel Onfray et son Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne (Grasset, 2010) — que ce soit autour des notions d’Œdipe, du retour à la mère, des études sur l’hystérie féminine, du sexe, ou de toutes nos peurs déclinées entre névroses et psychoses. De quoi bien développer une peur de ceux qui savent comment fonctionne notre cerveau et l’inconscient, versus ceux qui ne savent pas ce que nous avons en tête… nous, en somme, dans notre majorité de vulgus pecum, le peuple « ignorant ».

De l’Antiquité, où la « folie » — alias la différence — pouvait être signe d’une possession par les dieux (épilepsie, albinisme), en passant par les oracles de la Pythie, jusqu’au Moyen Âge où la maladie mentale était signe d’une possession diabolique (schizophrénie, démence) : la maladie mentale n’a été que tardivement corrélée à l’évolution des neurosciences et du fonctionnement du cerveau.

Même les syndromes de stress post-traumatique, leur connaissance et surtout leur reconnaissance, ne sont apparus réellement qu’avec les guerres de Corée et du Vietnam… Avant cela, la croyance populaire disait par exemple que « sa tête était restée dans les tranchées », comme m’en parlaient mon arrière-grand-mère et mes grand-tantes du fin fond de la Gaume !

« Ayant ton sort pour exemple, ton sort à toi, Ô malheureux Œdipe, je ne puis plus juger heureux qui que ce soit devant les hommes… » — Sophocle, Œdipe roi, 425 av. J.-C.

La folie ? Une force de vente bien capitalisée ?

Signe logique des temps modernes et d’une société capitaliste et de loisirs, le cinéma — et plus particulièrement Hollywood — a pris sa part de ce gâteau rentable que sont la folie et les maladies mentales, avec des effets parfois contradictoires.

Du célèbre Psychose de Hitchcock à Shining de Kubrick (qui flirte avec la médiumnité), en passant par Vol au-dessus d’un nid de coucou de Forman, As Good as It Gets, Pour le meilleur et pour le pire, Mafia Blues, Le Fan, Le Silence des agneaux, Arsenic et vieilles dentelles… ou des séries comme Criminal Minds, Le Mentaliste, Lie to Me, Dexter.

On y retrouve deux axes de développement bien distincts :

  • Des œuvres qui apportent, à cette voix de souffrance, d’aliénation, de perte de contrôle, davantage de légèreté en utilisant l’humour — comme dans Dexter (humour noir et psychopathie), Le Mentaliste ou Arsenic et vieilles dentelles (démence et compulsions), Pour le meilleur et pour le pire (TOC), Le Huitième Jour (trisomie).
  • Des œuvres qui, au contraire, surfent sur les peurs et cristallisent notre impuissance face à cette folie furieuse : Psychose, Shining, Criminal Minds, ou les récits autour de figures comme l’Unabomber ou Charles Manson.

Cet éventail de représentations a eu des effets opposés : d’un côté, vulgariser la maladie mentale et rassurer par l’accès à la connaissance ; de l’autre, pour des raisons de rentabilité, renforcer une image extrême et anxiogène de la folie « furieuse ».

Un thriller sur la psychose ou un tueur en série reste, dans l’absolu, plus vendeur qu’un film qui vulgarise avec humour un trouble aussi répandu que les TOC. Toute cette filmographie a donc, malgré elle, aussi renforcé la peur de la maladie mentale pour une partie du public.

L’impact de ces représentations sur notre vision de la folie

C’est un peu comme la sortie, en 1976, des Dents de la mer de Spielberg, qui par son réalisme a fini par provoquer une véritable vague de phobie de la baignade en mer et une crainte disproportionnée des requins. Je me souviens de l’été qui a suivi la sortie du film, où les parents nous mettaient en garde — et où nous, les enfants, en rajoutions avec excitation — alors qu’en mer du Nord, au niveau de la côte, on croise tout au plus des roussettes de 80 cm, totalement inoffensives, et certainement pas de grand requin blanc de 4 à 6 mètres !

Cela illustre bien l’impact sociologique de ce type de représentation : une fiction suffit à façonner durablement notre rapport à un risque largement disproportionné. C’est exactement le même mécanisme qui façonne, aujourd’hui encore, notre rapport à la thérapie et à la santé mentale.

La méconnaissance de nos fonctionnements inconscients et du cerveau

Il est regrettable que, dans notre cursus scolaire de base, nous n’ayons pas de cours expliquant aux enfants comment fonctionnent nos émotions, notre cerveau et sa part émotionnelle — notamment le fait que le cerveau émotionnel n’arrive à maturité que vers 25 ans — ou comment repérer si nous sommes en état de survie (fight, flight, freeze) ou bien en sécurité dans notre attachement émotionnel et affectif.

D’autres notions mériteraient également d’être enseignées, comme la capacité à repérer un état de stress, ou, plus grave, un symptôme de stress post-traumatique.

Le stress post-traumatique : ce grand inconnu du grand public

Je me souviens de mes premiers examens oraux, devant ma professeure de droit romain, Madame Gaspard-Jones : mon système se figeait et j’étais littéralement, au premier degré, incapable de prononcer un seul mot — alors même que je connaissais parfaitement mon cours.

Je l’entends encore me dire, en repassant devant elle, croyant m’encourager : « Pourquoi n’avez-vous pas répondu tout cela la première fois, c’était très bien ! » Et moi de lui répondre : « Je n’en sais pas plus que la première fois, mais cette fois-ci, j’ai réussi à vous parler ! » — devant son air surpris. Il n’y avait, à l’époque, aucune prise en compte des effets du stress sur les étudiants.

Je n’ai compris que bien plus tard que ce phénomène était, tout simplement, le symptôme d’un stress post-traumatique lié à la violence de mon père lorsqu’il « m’aidait » à étudier — hurlements au moindre écart, coups, brimades, insultes.

Un enseignement sur le développement de l’enfant et ses aspects neurologiques aurait peut-être permis aux parents d’apprendre aussi la pédagogie, et aux enfants — comme moi — d’éviter certains traumas qu’il fallait alors décrypter seul, avec tous les dérapages de dévalorisation que cela entraîne.

Les enfants mal accompagnés ont du mal à comprendre que ce qui se joue est moins l’histoire de leurs parents que la leur propre. Cela engendre une dévalorisation de leur image d’eux-mêmes, avec, au bout du chemin, une baisse ou une absence d’estime de soi, de confiance en soi et de capacité à s’affirmer… sauf à avoir la chance d’un mentor ou d’une figure de référence qui vient sauver les meubles — pour ma part, la présence régulière de mon grand-père, que je ne remercierai jamais assez.

L’apprentissage du « qui sommes-nous » ?

Il est finalement assez logique que la majeure partie de la population se méfie encore des psys, ou de l’inconscient : il existe encore trop peu de contenus vulgarisateurs qui permettent de mieux appréhender ce « cerveau » qui organise toute notre vie.

Il n’y a pourtant rien de plus important que le cerveau, et la compréhension de son fonctionnement, pour améliorer notre quotidien. Me libérer de mécanismes innés ou acquis, par une meilleure compréhension et une meilleure gestion de mon cerveau, ne peut que me faire du bien.

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Les outils, méthodes et approches

Certains exercices psychocorporels peuvent m’amener à ce type de conscientisation, et même à une prise en charge plus autonome de certaines phases de ma vie. Je pense notamment aux exercices de désensibilisation par le tapping (EFT), ou à des approches plus intégratives comme le Self Emotional Balancing (SEB©), une méthode qui s’inscrit dans ce que l’on appelle aujourd’hui les approches somato-cognitives — anciennement regroupées sous le terme de psychologie énergétique — et qui travaille en conscience sur nos sous-personnalités.

(→ pour en savoir plus sur le SEB : self-emotional-balancing.com)

Faut-il être fou pour aller chez le psy ? Non — je pense au contraire qu’il serait fou de ne pas y aller, surtout quand on ne se sent pas bien ou qu’on ne comprend plus les cartes de lecture du monde !

« Se connaître soi-même », comme le disait Socrate sous la plume de Platon, reste une base essentielle si nous souhaitons nous épanouir et nous accomplir dans cette incarnation — qu’elle soit la seule ou l’une d’entre elles, selon votre système de croyances.

Se connaître mieux par nous-mêmes est peut-être plus juste que jamais, aujourd’hui où nous vivons dans une société hyperconnectée par l’information, mais plus isolée sur le plan humain. D’où le pluriel : nous avons à la fois la possibilité d’une démarche solitaire, et celle de réfléchir ensemble avant de nous décider, seuls et libres.

Travailler sur soi permet de mieux connaître nos moteurs, nos points de sensibilité, et surtout le pourquoi de cette sensibilité. Cela nous libère d’un faux sentiment de liberté, quand nous répondons en réalité à des pulsions ou des croyances non maîtrisées car non conscientisées. Un travail thérapeutique permet de réparer ces moteurs, là où un travail de coaching permet d’atteindre des objectifs liés à nos besoins, sans nécessairement nous libérer de nos blessures de fond.

Une meilleure connaissance de nos processus de fonctionnement nous libère plus justement.

Le travail thérapeutique : pourquoi faire, finalement ?

Un travail thérapeutique ouvre des horizons inconnus et réparateurs. Trop souvent, nous ignorons pourquoi telle situation nous met en colère, nous fait pleurer, ou nous serre la gorge… Pourquoi, telle la madeleine de Proust, nous sommes attirés par tel environnement, telle musique, tel type de personne.

Tout cela relève du conditionnement, étudié par Pavlov ou Wolpe. L’être humain est un être de conditionnement — et, par conséquent, de déconditionnement.

Il s’agit avant tout d’une démarche de connaissance de soi, de mieux-être, ou de réparation de blessures précoces ou plus récentes. Il s’agit aussi de mieux comprendre comment nous fonctionnons, et quels sont nos moteurs — ceux qui nous donnent l’envie de vivre, de nous réaliser, d’atteindre nos rêves et « l’inaccessible étoile » que chantait Jacques Brel.

Ces prises de conscience permettent enfin de nous libérer des chaînes du passé, ou de nos réactions habituelles à ces conditionnements — à condition d’entamer un travail personnel avec les outils adéquats.

La peur et les neurosciences : qu’en est-il ?

Un autre élément à garder en tête : l’impact de la peur, et du stress qu’elle génère.

La peur de la peur est certainement l’un des faits les plus récurrents dans un travail sur soi.

Cela vient, en partie, du fonctionnement de notre cerveau et du développement des amygdales limbiques. Si, enfant, nous avons été soumis à des tensions élevées, à des formes de maltraitance (abus, agressions) ou de négligence, la construction de ces amygdales peut être compromise, voire lésée.

Elles jouent pourtant un rôle fondamental dans la gestion du stress, de la peur et de l’anxiété, ainsi que dans la reconnaissance des émotions.

Les personnes qui souffrent de stress post-traumatique peuvent développer une véritable anesthésie de leurs émotions, perdant leur capacité à y faire face ou à adapter leur comportement. Certaines ne connaissent alors plus ni angoisse ni plaisir — une porte ouverte à d’autres pathologies, comme la dépression.

« Les études d’imagerie fonctionnelle mettent en évidence une réactivité amygdalienne plus importante chez les sujets déprimés au cours de la présentation de stimuli à forte charge émotionnelle, confirmant le rôle de cette structure dans la régulation des émotions. La perturbation du fonctionnement amygdalien est ainsi responsable des symptômes que l’on retrouve chez les patients déprimés : agitation anxieuse, irritabilité, hypervigilance, réactions de sidération fréquentes. » — neuroplasticite.com

Les besoins de sécurité et les parts « contrôle » à travers l’attachement

La peur est également liée à l’absence de contrôle et de maîtrise… C’est d’ailleurs l’une des dimensions travaillées dans les arts martiaux. La pratique et la mise en situation permettent d’apprivoiser ces situations et de ralentir, voire d’empêcher, le basculement en fight, flight, freeze — laissant le pratiquant dans une dynamique qui le protège davantage des séquelles psychiques d’une agression. Il est d’ailleurs parfois pertinent de proposer à des femmes victimes d’agression quelques séances d’art martial : cela aide généralement à sortir de la posture de freeze et facilite le retraitement du trauma, ainsi que la reconstruction de la confiance en soi.

Ce besoin de sécurité prend racine dans l’attachement, et dans nos besoins de sécurité émotionnelle et affective des premières années. Si l’environnement nous a offert cette sécurité, nous développons une propension au lien spontanée, sûre et constructive. Si cet attachement a fait défaut, nous développons des profils bien différents :

  • L’attachement insécure-anxieux, avec un besoin de fusion : l’autre nous complète, et sans lui nous sommes en souffrance.
  • L’attachement détaché ou évitant, où nos parts tendent à tout maîtriser et à ne rien montrer de nos émotions, avec une difficulté à les repérer — chez nous comme chez l’autre. Cela donne une impression de froideur relationnelle et de détachement, avec une capacité à passer d’une relation à l’autre sans souffrance ni deuil apparents.
  • L’attachement désorganisé, où le lien a tellement fait défaut dans les premières années que la moindre contradiction relationnelle provoque une explosion, vécue comme un désintérêt, un manque d’amour, voire une trahison.
  • L’attachement mixte ou ambivalent, qui combine deux des profils précédents.

Ce sera souvent la reproduction du schéma d’attachement parental.

Les sous-personnalités et les états du Moi (SEB et Ego States, IFS)

Ces parts blessées (les « Exilés ») génèrent des mécanismes de défense. D’autres sous-personnalités ont alors pour vocation de nous protéger de la souffrance de cette part blessée — le trauma, ou l’Exilé, dans le langage des Ego States — ou de protéger le reste de notre système de cette souffrance récurrente (le « Fardeau » de l’Exilé). Ces protecteurs, de type « Pompiers », cherchent à contenir la souffrance par des mécanismes de défense : TOC, ruminations mentales, addictions, phobies, comportements excessifs.

Lorsque ces mêmes protecteurs Pompiers deviennent eux-mêmes dysfonctionnels, une autre catégorie de protecteurs — les « Managers », ou parts contrôle — se met en place pour tenter de limiter, voire faire cesser, ce dysfonctionnement.

Ce processus finit par créer des conflits entre parts (des « polarisations »), augmentant peu à peu la pression interne du système. Conséquence : déplacement et apparition de nouveaux symptômes (d’autres Pompiers), puisque la souffrance de l’Exilé n’est toujours pas réparée par sa réintégration dans le système, ni par la reconnexion à notre calme intérieur.

Ce « Self » est, de naissance, calme, spontané, compassionnel, créatif, curieux, courageux, connecté à l’autre et à soi, clair, et directement lié à une confiance en soi bien développée. Cela ressemble, trait pour trait, à ce qu’un enfant stable et sécure expérimente lorsque ses parents ou donneurs de soins lui offrent un cadre sécure et épanouissant.

La peur de la folie sera perçue tout autrement par ces personnes, devenues des adultes fonctionnels et stables émotionnellement. Dans le cadre d’un attachement insécure, en revanche, les angoisses de fond seront bien plus sensibles, et plus susceptibles de déclencher les mécanismes de défense évoqués plus haut.

Nous pouvons les repérer à notre façon d’envisager le lien à l’autre, et à notre stabilité émotionnelle — ou non.

Faut-il craindre la folie et la différence ?

La différence permet d’expérimenter, d’alimenter et d’enrichir notre cadre de vie, notre façon d’appréhender le monde. Ces expériences ouvrent naturellement l’esprit à l’autre, et aux perspectives diverses qu’offre la rencontre du différent. Plus tôt nous sommes amenés à la découvrir et à la vivre simplement, plus notre démarche de réparation et de soin — et notre volonté de nous libérer des « tares » du passé — sera facilitée.

Une personne confrontée à la différence développe naturellement une ouverture des perspectives. Selon son environnement familial et les valeurs qui y sont véhiculées, elle sera d’autant plus susceptible de bien s’adapter et de développer une meilleure capacité de résilience.

Faut-il avoir peur de la folie ? La réponse pourrait sembler évidente, mais elle est en réalité corrélée au style d’attachement : « non », à partir du moment où nous pouvons nous appuyer sur un attachement sécure, source de stabilité émotionnelle.

À l’inverse, des difficultés à se connecter à l’autre ou à gérer ses émotions développent une plus grande crainte de la différence ou de l’inconnu.

Cette anxiété de la nouveauté ou de la différence est une porte d’entrée vers l’anxiété, l’angoisse ou les peurs. Or, dans notre imaginaire collectif, l’enfermement, les unités psychiatriques, les traitements qui assomment ou annihilent la volonté, et la folie qui en découlerait, en sont certainement l’une des expressions les plus fortes — parce qu’ils nous privent de notre autonomie, de notre capacité de jugement, de notre libre arbitre, de notre capacité à comprendre et à appréhender notre environnement.

La santé mentale et les approches thérapeutiques

Les approches thérapeutiques centrées sur l’humain et les neurosciences — dont le Self Emotional Balancing est une quintessence — adoucissent cette vision noire et apocalyptique, et redonnent à l’humain sa place dans le lien, en sécurité, avec amour et vitalité. Le retour à nos racines et à l’amour bienveillant que nous sommes censés avoir reçu, même avant notre naissance, est la clé d’un bon équilibre entre le stress normal de la vie et une bonne gestion de notre santé mentale.

La santé mentale devrait nous occuper tout autant — si ce n’est plus — que notre santé physique. Elle a trop longtemps été le parent pauvre de notre éducation et de notre sensibilisation au vivant. « Mens sana in corpore sano », disaient les Anciens — et pourtant cet esprit sain, comme ce corps sain, a souvent été délaissé, sacrifié à l’autel du rendement.

Certains pays introduisent des pratiques quotidiennes de bien-être sur le lieu de travail, ayant bien compris l’intérêt direct d’avoir des collaborateurs bien dans leur tête autant que dans leur corps : chi qong sur les toits d’entreprise, yoga en entreprise, espaces bien-être… Tout cela pour tenter, souvent trop tardivement, d’éviter l’explosion des burn-out, bore-out, bore-in et autres formes de dépression au travail.

Mais l’exercice en vaut la peine, à partir du moment où nous pouvons agir préventivement sur notre santé mentale et physique. Cela nécessite une plus grande sensibilisation au fonctionnement de notre outil principal, le cerveau — sans lequel il ne peut y avoir de fonctionnement harmonieux au quotidien, ni d’équilibre épanouissant dans nos relations privées ou professionnelles.

Il me semble d’autant plus important d’insister sur la bonne compréhension de nos activateurs, de nos moteurs premiers, en s’appuyant sur une meilleure connaissance physiologique et une sensibilisation à l’intelligence relationnelle et émotionnelle que nous pouvons développer.

Mens sana in corpore sano sed mens sana

Suis-je fou si je vais me faire aider à mieux comprendre tout ce qui m’anime ou m’active émotionnellement ? Ou suis-je simplement un être intelligent qui parvient à dépasser ses peurs de l’inconnu ?

En nous souvenant que nous apprenons de toute expérience, bonne ou moins bonne… et que l’être humain a besoin d’être confronté à des difficultés pour développer ses capacités de dépassement. Ces difficultés ne doivent cependant jamais devenir synonymes d’échec, de dévalorisation, de stress évitable et inutile.

C’est à cela, notamment, que servent les psys, les thérapeutes : nous reconnecter à la réalité du moment présent, comme le rappelait Mooji : « Peut-être qu’il se passe quelque chose juste ici et maintenant, mais à vous, il n’arrive rien… Même la pensée que ce sont de grosses pensées est une pensée… et rien d’autre qu’une pensée ! »

Osez, et ouvrez cette porte de la santé mentale.

Soyez le bienvenu dans ce chemin où, en tant que thérapeute, je ne serai que votre guide — et, avec un peu de chance, un peu plus éclairé sur ce chemin de vie qu’est la vie. Sinon, nous apprendrons l’un de l’autre, dans le respect de nos différences et de notre rythme…

Yves Wauthier Freymann

yv**@***ra.com
www.iepra.com
www.yves-wauthier.com

 

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