L’ichigo ichie : quel est cet art de vivre originaire du Japon ?

12 janvier 2021
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Auteur: Cindy Latouche

« Si l’on devait mourir demain… qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins ? » chantaient Pascal Obispo et Natasha St-Pier en 2004…

Il existe de nombreux concepts qui nous intiment à profiter du moment présent et de la vie. C’est important, en effet. Mais lorsqu’on peut le faire en suivant certaines valeurs et avec élégance, c’est encore mieux !

L’ichigo ichie, philosophie de vie japonaise vieille de plusieurs siècles, s’aligne sur des préceptes similaires : prendre le temps d’observer, profiter consciemment des moments que vous offre la vie et des personnes qu’elle met sur votre chemin.

Les Japonais appliquent l’ichigo ichie dans leur vie quotidienne, fidèles aux enseignements zen inspirés du bouddhisme.

Quelle est l’origine de l’ichigo ichie ?

Cette philosophie de vie japonaise trouve son origine dans la cérémonie du thé.

Au 16e siècle déjà, l’un des plus grands maîtres de thé japonais, Sen no Rikyû, insistait sur l’idée que chaque cérémonie devait être menée afin de produire une expérience inoubliable chez les invités. Cette pratique était alors appelée « ichigo ni ichido », « une seule fois dans la vie », comme si chaque cérémonie était un rassemblement qui ne pourrait avoir lieu qu’une seule fois dans la vie.

Bien plus tard, au 19e siècle, l’un des officiels du Shogun Tokugawa pousse la tradition plus loin, et préconise que chaque cérémonie du thé soit célébrée comme une rencontre unique entre les invités, comme si c’était la dernière fois qu’ils se voyaient. Que ce soit du côté du maître de maison ou des convives, l’idée est de profiter pleinement du moment et se consacrer entièrement et avec sincérité à la réussite de la cérémonie. Même si les personnes présentes se voient dans la vie de tous les jours, cette réunion précise ne sera jamais à nouveau exactement la même…

Ainsi est né « ichigo ichie », « une fois, une rencontre ».

L’ichigo ichie au quotidien

Les Japonais ont transposé les préceptes de l’ichigo ichie dans leur vie de tous les jours. Cet art de vivre préconise ainsi que chaque événement, chaque rencontre, ne se produira qu’une seule fois. Les moments que nous vivons avec une personne (qu’il s’agisse d’une nouvelle rencontre ou d’un rassemblement avec nos proches) et les expériences de vie que nous traversons ne se produiront jamais deux fois de la même manière. Les endroits que nous parcourons ne seront jamais complètement identiques. C’est pourquoi il faut apprécier chaque instant, savourer le moment présent et ce qu’il nous offre, sinon il sera perdu à jamais.

Nous vivons dans un monde qui tourne souvent trop vite. On se laisse entraîner dans une spirale infernale, et passons parfois à côté de ces petits bonheurs qui jaillissent devant ceux qui s’arrêtent un instant pour ouvrir les yeux. Cette philosophie de vie nous invite à nous poser et à profiter du présent. Elle nous suggère de ne pas rester bloqués dans le passé ni nous inquiéter pour l’avenir, que nous ne pouvons de toute façon pas contrôler.

Les préceptes de l’ichigo ichie

Voici quelques grands principes de cet art de vivre :

1. Embrasser le moment présent

Il est essentiel d’apprendre à observer ce qui se passe autour de soi, sans chercher à regarder plus loin dans le temps et en se délestant du passé ; apprendre à profiter de chaque moment, comme si cela n’allait plus jamais se produire.

2. Vivre comme si c’était notre dernier jour

Il est impossible de prédire l’avenir. On ne peut pas prévoir de quoi sera fait demain, alors, pourquoi remettre le bonheur à plus tard ? Pourquoi ne pas consciemment dénicher les bons moments, s’entourer de personnes qui nous font du bien ?

3. Entreprendre une chose à la fois

En accordant toute notre attention à nos actions, cela les rend plus importantes et uniques. Ce principe s’inspire d’un vieux proverbe japonais dit qu’un chasseur qui vise deux proies à la fois n’en tuera aucune. Faisons de chaque rencontre une fête, apprécions les petites interactions, un sourire dans la rue, un bonjour échangé.

4. Limiter ses attentes

Il n’est pas productif d’attendre et d’espérer que les choses se produisent. Essayer de faire des prédictions gâche le moment présent.

5. Décharger son esprit

Essayons de nous délester de ce qui n’est pas essentiel. Que pouvons-nous laisser de côté, lâcher pour de bon ou du moins, pour un moment ?

6. Sortir de la routine

Elle peut être mortelle, cette routine. Osons expérimenter, sortons de notre zone de confort. Réalisons quelque chose que nous n’avons jamais fait… et analysons ce qui nous rend heureux.
Il est possible de transformer une réalité insatisfaisante, se réinventer, modifier les schémas qui ne nous satisfont pas. L’être humain a la capacité de changer et de s’adapter.

7. Être son meilleur ami

Il n’est pas toujours facile de reconnaître ses forces et d’accepter ses faiblesses. Nous avons tendance à nous comparer aux autres et à déterminer notre valeur en fonction du regard et des réactions extérieures. Croire en soi et s’accepter est le meilleur moyen de s’affirmer.

8. Accueillir l’imperfection et l’échec

Personne n’aime échouer. C’est pourtant une étape indispensable pour apprendre, grandir, évoluer. La réussite n’est pas le fruit du hasard, mais celui du travail et de la volonté. Rien n’est parfait, et il n’y a pas de raison de vouloir l’être, mais plutôt tendre vers la meilleure version de soi-même.

9. Pratiquer la méditation

Faisons appel à tous nos sens, en pleine conscience, pour nous ancrer dans le moment présent et aiguiser notre capacité à détecter les coïncidences, les signes du destin.

10. Faire preuve d’empathie

Chacun agit comme il le peut, en fonction de ce qu’il vit et de son environnement. En faisant preuve d’empathie, nous essayons de comprendre les agissements de l’autre, sans jugement.

L’ichigo ichie et le Self Emotional Balancing… deux approches très liées

Vous l’aurez compris, l’ichigo ichie, « chemin du bonheur japonais », est une réelle philosophie de vie. Ses préceptes s’alignent avec ceux du bouddhisme et de la méditation de pleine conscience. Les personnes qui les suivent reconnaissent les bienfaits et le bonheur que cet art de vivre leur procure au quotidien.

Nos parts et sous-personnalités sont, quant à elles, des pièces de ce puzzle de vie. En utilisant le Self Emotional Balancing, notre objectif est de ramener toute notre énergie, notre focus sur ce qui nous harmonise, plutôt que de laisser notre attention s’épuiser sur ce qui génère de la souffrance. La réalité est qu’ici et maintenant, il n’y a d’autre souffrance que celle que nous nous (re)créons à l’instant présent, y compris celle de croire en la réalité de cette souffrance. C’est ce que nous enseigne le bouddhisme par exemple, ou d’autres courants tels que la non-dualité. Nos parts sont également des morceaux d’ego. Nous sommes collés à cet ego, car nous pensons, et nous avons entendu tout au long de notre vie que notre identité est le fruit de ces expériences ! Or, les recherches démontrent qu’un enfant tend naturellement et spontanément à l’empathie, la compassion, l’altruisme et pas du tout à une identification faite de ces expériences de vie.

Le SEB, tout comme l’ichigo ichie, nous propose de revenir à cette évidence que nous pouvons nous brancher sur tout ce qui nous élève, tout ce qui nous (re)construit positivement, harmonieusement. Ce n’est pas un chemin facile nécessairement, car nous devons apprendre à désapprendre et à nous laisser guider par cette communauté de bien-être (plutôt que de biens) et de partage naturel.

Nous amuser à repérer ces parts de nous est une étape de cette démarche ; nous libérer de toute énergie qui nous épuise ; apprendre à rester dans la bienveillance envers nous-mêmes et naturellement envers l’autre, qui n’est finalement que notre propre miroir aux émotions ; rester focalisé sur le bien.

Lorsqu’il a créé la toute première école de formation à la psychothérapie spécialisée en psychologie énergétique (Therapeutia), Yves Wauthier-Freymann était parti avec l’idée d’être dans l’échange et le partage des savoirs, des connaissances et des expertises. Il imaginait également des partenariats avec d’autres écoles afin d’apporter bien plus d’expériences aux élèves. Il a été confronté aux peurs des uns et des autres ; l’ego créait des peurs de perdre alors que l’union donne plus de force, d’énergie et évite de devoir recréer des éléments existants. Ceux qui ont pu dépasser ces peurs ont grandi tant intérieurement qu’extérieurement, sans perdre quoi que ce soit et en gagnant bien plus de calme intérieur, de courage, de compassion, de clarté, de confiance en soi, de créativité, de curiosité et de connectivité, toutes ces qualités qui sont en lien avec le Self et notre espace intérieur naturel de compassion.

Ichigo ichie, vivre le moment présent, en pleine conscience et le Self Emotional Balancing sont des voies pour se retrouver, se réunir en paix, exprimer plus d’amour tout autour de nous ; être en conscience de ce qui est et de ce qui résonne, rassembler ce qui est épars plutôt que continuer à courir dans tous les sens, tant au propre qu’au figuré.

Une jolie façon d’aiguiser nos sens à l’ichigo ichie est de tenir un journal pour garder une trace des bons moments, jolies rencontres, conversations particulières, paysages qui nous ont émus… de tous ces signes que le destin a mis sur notre chemin.

N’hésitez pas à nous partager en commentaire vos moments « ichigo ichie »…

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