L’amour pour ses enfants : un moteur thérapeutique puissant

16 avril 2020
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Auteur: Lyse Bourrousse

Quand j’ai commencé ma formation de thérapeute, ma thérapeute m’a dit : « tu verras, cette formation va t’aider dans ta relation avec ton enfant ». 

A l’époque mon fils avait quelques mois et je réalisais à peine le challenge qui m’attendait 😊. Et oui avec le recul de ces 4 dernières années, ma formation terminée, je peux dire que c’est absolument vrai ! Tellement vrai que je suis aujourd’hui convaincue que les enfants sont la meilleure des thérapies qui soit donnée aux parents. 

Cette vérité que je redécouvre chaque jour avec mon enfant n’est pas un concept abstrait issu d’une énième astuce ou théorie de développement personnel mais une réalité que je vis dans mes tripes au quotidien.

par Lyse Bourrousse

“Cela devient bien plus compliqué quand vous avez des enfants”

Pour illustrer mon expérience, je reprendrai la réplique de Bob Harris, joué par Bill Murray dans le film « Lost in translation » de Sofia Coppola.

“It gets a whole lot more complicated when you have kids. The most terrifying day of your life is the day the first one is born. Your life, as you know it… is gone. Never to return. But they learn how to walk, and they learn how to talk… and you want to be with them. And they turn out to be the most delightful people you will ever meet in your life.”

« Cela devient bien plus compliqué quand vous avez des enfants. Le jour le plus effrayant de votre vie, c’est le jour, le premier jour de leur naissance. La vie, telle que vous l’avez connue… est partie. Ne reviendra jamais. Mais ils apprennent à marcher et ils apprennent à parler…. Et vous voulez être avec eux. Et ils en viennent à devenir les personnes les plus adorables jamais rencontrées dans votre vie ». 

Je trouve que cette réplique est bouleversante de vérité. On entrevoit, de façon très subtile, le vécu d’un parent avec son enfant : de la perte brutale de « SA vie d’avant », de SA liberté si chèrement acquise à l’âge adulte à la création d’un lien magique avec ce petit être qui finit par enchanter sa vie. 

Comment jouir d’une Pleine Présence avec son enfant ?

Pour moi, il s’agit d’un processus lent mais irréversible de transformation intérieure qui est fait de petits et grands renoncements, de retour à l’essence même de la vie qui est l’Amour, la Présence à soi et à l’autre à chaque instant et l’ouverture de tous les possibles dans ce grand mouvement de lâcher-prise. 

Mais comment faire concrètement quand j’ai l’impression d’être l’esclave de mon bébé qui ne me laisse même pas une minute seule pour aller aux toilettes, quand j’ai l’impression de plus exister et que les besoins de mon enfant prennent toute la place, quand je rêve de m’éloigner de lui et d’avoir enfin la paix pour me retrouver après quelques heures ou jours de séparation à me languir de son absence comme un amoureux transi ?

Et la liste est longue de ce que chaque parent peut vivre à sa manière d’émotions intenses, de contradictions, de doutes, questionnements et remises en question : quand j’ai l’impression que je n’arrive pas à éduquer mon enfant correctement, quand j’ai peur qu’il devienne un enfant-roi qui me tyrannise, quand il ne veut pas s’habiller le matin en dépit de tout mon attirail de menaces et chantage, ou bien quand épuisé de fatigue, il commence à se mettre en rage pour une broutille ?

Aimer son enfant de façon inconditionnelle, est-ce possible ?

Et pourtant, inlassablement, notre enfant nous ramène à une seule et même question fondamentale : celle de l’amour inconditionnel.

Est-ce que toi, parent, tu es capable de m’aimer comme je suis ? Es-tu capable de lâcher-prise sur tes attentes, tes objectifs en termes de comportements par exemple et me rejoindre dans mon monde ? Car une fois que tu m’as rejoint et que nos cœurs s’accordent, tout est à nouveau possible. 

Mais pour qu’un parent puisse aimer son enfant de cette manière-là, encore faut-il que le parent s’aime suffisamment lui-même pour pouvoir offrir cette qualité d’amour à son enfant. 

La question pour le parent est donc de savoir s’il peut s’aimer comme il est avec ses qualités et ses défauts ; s’il est capable de lâcher prise sur ses propres exigences et attentes envers lui-même pour rester simplement dans la jouissance de l’instant présent.  

Est-ce que moi en tant que parent, je suis capable de m’aimer comme je suis avec mes qualités et mes défauts, avec les parties de moi qui portent des manques d’amour dans la relation avec mes parents et ont fait naître des doutes, des croyances limitantes à mon sujet… Suis-je capable de lâcher prise sur les exigences que je m’impose et accueillir avec bienveillance mes propres limites ? Puis-je envoyer de l’amour aux parties de moi qui me jugent comme un parent imparfait, pas à la hauteur de son job ou qui jugent mon enfant comme n’étant pas à la hauteur ? Comment donner de l’amour à cet enfant blessé qui hurle en moi et que mon propre enfant me renvoie, bien malgré lui, en pleine face ?  

Nous n’avons pas été éduqués à l’amour de nous-mêmes, loin s’en faut. L’éducation que nous prodiguait nos parents par exemple, nous a plutôt enseignés à être de bons petits soldats, des enfants sages et obéissants capables de s’adapter à la vie sociale. On ne nous rarement appris, enfant, à accueillir nos émotions avec bienveillance ; leur expression étant souvent bridée par des parents incapables eux-mêmes de gérer leurs propres chaos émotionnels. Le rejet, l’incompréhension et le jugement que nous avons ressentis à l’époque se sont alors introjectés à l’âge adulte et nous continuons à manquer de bienveillance envers nous-mêmes, en nous jugeant, nous critiquant, nous dévalorisant…. 

Tout parent part donc avec des réserves d’amour inconditionnel constituées dans l’enfance, plus ou moins grandes, des manques plus ou moins profonds dans la relation avec son parent qui ressurgiront inévitablement dans la relation avec son enfant.  Si l’on prend l’exemple d’un parent qui a un trouble de l’attachement par exemple ou et un trauma précoce avec son parent, il aura certainement plus de mal à construire un lien aimant et sécurisant avec son enfant: mal à l’aise dans l’intimité, il aura tendance à éviter les contacts avec son enfant et/ou trop fusionnel, il projettera sur lui ses propres angoisses et déformera son vécu. 

J’ai la conviction intime que les difficultés que le parent peut rencontrer avec son enfant sont là pour l’éclairer et lui montrer le chemin qu’il lui reste à parcourir pour guérir ses blessures d’enfance et augmenter sa capacité à aimer. 

Faire face au défi de parent en ouvrant son cœur et en travaillant ses blocages intérieurs

J’ai lu récemment cette citation qui m’a beaucoup parlé :

« Pour grandir, vous n’avez pas forcément besoin de guides spirituels ou de gourous. Vos maîtres se présentent sous des masques divers, un enfant, un malade en phase terminale, une femme de ménage. Aucune théorie au monde ne vaudra jamais la parole d’un être humain qui vous ouvre son cœur »  Elisabeth Kübler- Ross.

Un enfant vibre de cet amour originel inconditionnel et réparateur : il vous offre le meilleur de lui-même à chaque instant en vous ouvrant constamment son cœur, alors ne laissez pas passer votre chance et profitez de cette magnifique opportunité pour vous développer !

Les blocages que vous pouvez ressentir dans cette aventure sont tout à fait normaux mais cela vaut vraiment la peine de les travailler : c’est plus qu’un job de parent, c’est le meilleur cadeau que vous pouvez vous offrir à vous-même ! 

Ce que l’on retire d’une thérapie ou d’une formation de thérapeute, c’est une guérison intérieure en profondeur et l’apprentissage de l’Amour inconditionnel !

Au programme : retour à soi et écoute des signaux subtils de son corps, apprentissage des « attitudes d’être » fondamentales dans la relation d’aide (non jugement, congruence, regard positif inconditionnel, empathie…) qui valent aussi pour l’éducation des enfants, apprentissage des spécificités de l’accompagnement des enfants, guérison des blessures intérieures grâce aux outils énergétiques et à la connexion intime au Self (siège de la conscience et espace de paix inaltérable qui se trouve à l’intérieur de chacun de soi), apprentissage de l’auto-empathie tellement nécessaire au quotidien pour vivre en paix avec soi-même et toucher à une qualité de jouissance de l’existence, proche justement de celle dont sont capables les enfants.  

Mon enfant continue de me donner toutes les occasions possibles pour grandir avec lui, ouvrir mon cœur et cocréer ce lien magique qui enchante ma vie. 

Le travail thérapeutique vient soutenir ma démarche en me reconnectant à l’énergie de l’Amour inconditionnel. Il m’apprend concrètement comment me connecter à cet espace de paix et d’amour à l’intérieur de moi, grâce auquel je peux accueillir avec bienveillance chaque partie de moi déclenchée dans la relation avec mon enfant.  

J’ai alors plus de liberté dans ma façon d’interagir avec lui et mes réponses éducatives en deviennent plus créatives et efficaces. 

Lyse

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1 Commentaire

  1. Sylvie

    Merci Lyse ,je suis émue en te lisant .

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