Les approches neurocognitives et somato-cognitives… Késako ?

8 février 2021

La thérapie ne cesse de se réinventer, d’améliorer notre compréhension de notre inconscient et de toutes les strates qui expliquent le pourquoi et le comment de la naissance de nos émotions ou de nos réactions à celles-ci. La recherche nous a montré que cette interaction fonctionne dans les deux sens. Le corps influence l’esprit tout aussi bien que l’esprit influence notre corps. Toute l’approche de la psychosomatique repose sur ce constat. Les émotions génèrent des réactions physiologiques qui peuvent se traduire par l’apparition de symptômes physiques (Eczéma, psoriasis, maladies auto-immunes, allergies, intolérances, inflammations…). C’est ce que nous appelons les effets psychosomatiques.

Lorsque j’ai démarré les pratiques de psychologie énergétique au début des années 2000, il n’existait que 6 études publiées. Actuellement, nous en sommes à plus de 100 et bien plus de publications dans des revues scientifiques reconnues(1).

 

Cet article vient en support du webinaire du 8 février 2021 “Pour me calmer, j’imagine un feu rouge dans un orage.”,
dans notre série de webinaires « Et si l’on apprivoisait les montres ? ».

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Une nouvelle compréhension du lien entre le cerveau et le corps

Dans cet esprit et avec la volonté d’une meilleure compréhension de ces fonctionnements et de ces passerelles corps/esprit, les neurosciences elles-mêmes ont énormément évolué ces 20 dernières années. Elles nous ont apporté une kyrielle de réponses bien plus étonnantes ou révolutionnaires de notre compréhension de l’humain, des émotions et du fonctionnement de nos cerveaux que par le passé. Actuellement, nous apprenons que les échanges se font tout aussi bien du cerveau vers les cellules et organes que l’inverse. Nous avons découvert des cellules neuronales en quantité que cela soit au niveau du ventre, des intestins ou du cerveau lui-même, qui reste le principal « usager » de nos neurones. Les études menées avec la possibilité d’utiliser également l’imagerie fonctionnelle (EEG, Scanner, FRMI) ont pu démontrer, par exemple, que la stimulation de points d’acupression désactivait les zones cérébrales « allumées » par la sensation de manque, en lien avec des produits addictifs(2).

Les approches intégratives corps/esprit : une entrée rapide au cœur du problème et une résolution en douceur

Cette recherche apporte notamment des éléments très prometteurs dans l’accompagnement des addictions. Indépendamment des symptômes et dysfonctionnements qu’apportent ce type de pathologies, ces approches, correctement ciblées sur les origines et les déclencheurs de leur apparition dans notre système de défense, nous ouvrent des perspectives plus qu’encourageantes pour leur retraitement et désensibilisation. L’avantage de ces outils est aussi dans leur facilité d’emploi. Ils autonomisent bien plus rapidement les patients et les usagers.

Ils accélèrent le processus de réparation sans déplacement de symptômes si nous traitons correctement le point d’origine du dysfonctionnement.

Parfois même, certaines formations plus avancées du point de vue de l’analyse clinique du cas et du ciblage nous permettent de rentrer plus rapidement au cœur du problème et de résoudre plus en douceur ce dérèglement.

Un ciblage clinique cherchera une porte d’entrée précise et vérifiera notre bonne connexion au réseau de mémoire par les ressentis physiques et émotionnels en lien avec la cible choisie. Elle nous fera également respecter un rythme de travail plus spécifique. Un trauma simple ne se traite pas de la même manière qu’un trauma complexe ; un trauma complexe avec troubles de l’attachement (notre sécurité émotionnelle et affective dans notre prime enfance) ne se travaille pas non plus de la même manière qu’un trauma complexe ou un trauma simple !

Les formations cliniques nous apprennent ces protocoles particuliers et accélèrent tout à la fois la résolution de ces situations problématiques, mais également rendent plus indépendants et autonomes les bénéficiaires. Tout ce travail s’effectue aussi dans une grande écologie, c’est-à-dire un meilleur respect des parts (nos sous-programmes de blessure ou de leurs protecteurs) de notre système et évite de grandes souffrances.

Une recherche du Dr Peta Stapleton(3), et une centaine d’autres études publiées sur ces outils, que vous pouvez retrouver sur la page de psychologie énergétique(4), nous ouvrent un univers entier de possibilités nouvelles de traitement des addictions et de bien d’autres pathologies ou blessures.

L’EFT est l’une de ces approches, elle-même issue de la TFT qui a été reconnue comme « evidence based » aux USA il y a quelques années.

Dans le cadre de ces reconnaissances, certains chercheurs ont essayé de comprendre encore mieux comment toutes ces approches obtenaient des résultats bien plus efficaces que par le passé ou par des thérapies conversationnelles lors d’un travail sur des traumas ; et comment ces nouvelles approches intégratives des éléments corps/esprit pouvaient obtenir plus aisément ou écologiquement ces mêmes résultats parfois très étonnants.

Quel est l’intérêt de combiner les aspects neuro-physiques ?

Le gouvernement britannique a créé un nouveau vocable pour regrouper des approches telles que l’EMDR, la TFT, l’EFT qui mêlent à la fois des stimulations physiques ou neuronales et du conversationnel, en généralisant ce type de modèles comme faisant partie des approches neurocognitives.

Quelques années auparavant, des intervenants en santé mentale liés aux TCC (thérapies cognitivo-comportementales) avaient déjà publié sur le sujet en appelant cela les approches TCC de 3e vague ou encore les BMSA (Bifocal Multi Sensori Activation).

Finalement, peu importe à qui appartient la couverture. Ce qui est intéressant à mes yeux, c’est de réaliser que plusieurs approches ou modèles ont de mieux en mieux compris et intégré cette combinaison corps/esprit au vu des excellents résultats obtenus par ces modèles innovateurs. L’EMDR, l’EFT clinique, Remap et le Self Emotional Balancing (https://www.iepra.com/seb-niveau-1 ) font partie de ces modèles qui facilitent la désensibilisation et le retraitement de l’information. L’intégration des parts de notre système (nos sous-programmes ou sous-personnalités) a clarifié encore mieux la complexité de nos personnalités en en facilitant l’accès et la résolution des conflits intérieurs.

Les approches somato-cognitives – une évolution logique des neurosciences ?

Le courant qui semble se dessiner sous le nom d’approches somato-cognitives s’est intéressé à ce rapprochement d’un travail corps/esprit. Cela correspond assez bien à ce que les neurosciences nous confirment depuis quelques années, à savoir que les échanges d’informations se passent tout aussi bien du cerveau vers les organes et les cellules de notre corps qu’inversement, des organes eux-mêmes et de nos cellules vers notre cerveau.

Nous avons découvert et nous explorons actuellement ce que nous appelons notre deuxième cerveau, voire notre troisième cerveau, car les neurosciences ont démontré l’existence de connexions neurologiques et de neurones au niveau du ventre et des intestins.

Nous observons aussi l’influence des « microbiotes » de l’intestin, par exemple sur l’humeur, et certaines études s’intéressent de plus en plus à l’influence de notre alimentation sur les microbiotes et, par voie de conséquence, sur nos humeurs(5).

Les approches somato-cognitives regroupent toute une série de modèles qui combinent cette association de travail de stimulation corporelle et de reprogrammation de nos croyances associées à nos comportements et pensées.

En EMDR, la stimulation bilatérale par les canaux kinesthésiques, auditifs ou visuels va directement travailler sur la mémoire de travail en lien avec le trauma, afin de l’amener à abandonner les associations faites dans nos mémoires, notamment par une surcharge d’informations. Dans les modèles qui utilisent le tapping, la stimulation va quant à elle impliquer l’activation des systèmes sympathiques et parasympathiques ainsi que le nerf vague qui y est associé, et amener un déconditionnement, une désensibilisation suivie d’un retraitement de l’information. Ces approches sont plus douces dans le sens où elles ne nécessiteront pas, comme en EMDR, une aussi grande connexion avec le réseau de souvenirs et surtout les émotions et sensations désagréables qui y seraient encore actives.

Cette dernière voie emporte ma préférence, car elle évite de devoir replonger le patient dans une souffrance qui peut être évitée, même temporairement, pour l’usager.

Quels sont les bénéfices de modèles intégratifs comme le SEB ?

Personnellement, ces approches intégratives de plusieurs courants (TCC, humaniste, psychocorporel et Ego states) sont celles qui m’ont permis de dépasser mes blessures d’enfance ainsi qu’un attachement dysfonctionnel. L’un des atouts majeurs est de pouvoir changer de modalité de travail, y compris au sein d’une session, tout en restant sur une voie d’approfondissement de cette désensibilisation nécessaire, combinée à l’intégration de valeurs fondamentales que nous aurions dû expérimenter pendant l’enfance et même la gestation. Quelles peuvent être ces valeurs ? Tout d’abord l’empathie, l’estime de soi, la confiance en soi à partir de la vision de soi, l’affirmation de soi, l’ensemble des valeurs humanistes, compassionnelles…

L’amour inconditionnel nous permettra de (ré)expérimenter ces phases de développement d’un enfant où il aurait été naturel de pouvoir profiter de la sécurité familiale, de l’amour de ses parents, de la sécurité et de l’insouciance que mérite de vivre un enfant « fruit de l’amour » de ses parents.

Les voies monomodales, a contrario, ne suffisent pas à elles seules à retraiter des traumas complexes, et encore moins s’il y a des troubles de l’attachement associés.

Dans un cas de figure, rester dans le mental va entretenir du mental, et même les techniques où l’on demande au mental de visualiser un meilleur possible reste néanmoins un processus mental. Dans l’autre cas de figure, revenir au corps et uniquement au corps va également empêcher l’intégration du désamalgamage de ces parties et notre désidentification à ces processus internes. De plus, pris indépendamment l’un de l’autre, ces deux processus demanderont beaucoup de temps avant de porter leurs fruits et surtout que ces fruits puissent se pérenniser et tenir dans la durée, sans se réactiver. L’alliance des deux approches pourra, par contre, nous redonner une certaine souplesse de travail et de réparation bien plus efficaces.

C’est cela même l’idée de cette voie des approches somato-cognitives.

Certains modèles intégratifs ont même été encore plus loin en y ajoutant les axes humanistes, centrés sur la personne, et les approches compassionnelles ou de pleine conscience.

Le Self Emotional Balancing est le fruit de toutes ces intégrations. C’est parcourir ce chemin  qui m’a également permis de réparer mes parts blessées les plus précoces, celles notamment en lien direct avec l’attachement et la maltraitance vécue. Ce sont des couches dont je percevais l’existence sans arriver à les désactiver. Je me sentais comme observateur, et malgré tous les bienfaits ressentis, il me restait comme un trou intérieur, un vide, une insatisfaction et une grande difficulté à profiter du moment présent dans la joie. C’était l’expression d’une polarisation et de luttes intestines entre des parts de moi qui n’étaient pas d’accord entre elles sur les voies à parcourir pour être, être simplement heureux de ce qui est ici et maintenant.

Certains mécanismes de défense se remettaient systématiquement en place, malgré les années de thérapie personnelle et la vingtaine de modalités expérimentées au cours des années pendant mes formations. Chaque forme de thérapie m’apportait quelque chose, mais le manque de collaboration, la véritable segmentation entre ces différents modèles m’ont, en tout cas, empêché d’être libéré de ces traumas et de leurs symptômes associés les plus profonds.

Plus d’épanouissement, résilience, plus de joie

La résultante et l’aboutissement de tout ce cheminement intellectuel et expérientiel, ainsi que ce travail sur les parts, intégrés à des approches psychocorporelles (TRE, Tapping, SEB) m’ont finalement apporté bien plus de joie au quotidien. Cela m’est un très grand plaisir de vous partager quelques-unes de ces expériences. Ce travail constant sur soi m’a aussi permis de mieux profiter de ma paternité et de mes enfants, grâce à la désactivation des traumas de maltraitance, tout en me reconstruisant en tant que père et adulte bienveillant.

Le fait de se libérer de tout ce passé nous apporte plus d’épanouissement et de joie au jour le jour. Je vous invite, quel que soit votre parcours personnel, à exprimer votre gratitude à la vie, à cette faculté de résilience et de réparation que nous avons toutes et tous !

Comme le disait le poète Omar Khayyam : « Le paradis et l’enfer sont en toi. »

Choisissons sagement l’un ou l’autre !

Et ce qui est en paix à l’intérieur rayonnera de lumière, de paix, de compassion à l’extérieur, renforcé d’autant plus d’éclat de joie, de vie et d’amour.

 

Yves Wauthier Freymann

 

  1. Rometsch-Ogioun El Sount, C., Windthorst, P., Denkinger, J. Ziser, K., Nikendei, C., Kindermann, D., Ringwald, J., Renner, V., Zipfel, S., Junne, F. (2019). Chronic pain in refugees with posttraumatic stress disorder (PTSD): A systematic review on patients’ characteristics and specific interventions. Journal of Psychosomatic Research, 118; 83-97.
    https://doi.org/10.1016/j.jpsychores.2018.07.014
  2. Eft par le Dr Peta Stapleton à la Bond University sur le « craving » et le manque https://research.bond.edu.au/en/persons/peta-stapleton
  3. https://research.bond.edu.au/en/persons/peta-stapleton
  4. https://www.facebook.com/groups/300566160091807
  5. https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/des-bacteries-melancoliques-ou-comment-le-microbiote-peut-jouer-sur-notre-humeur/

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