Comment aider les adolescents à mieux gérer leur anxiété ?

21 septembre 2021
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Auteur: Blog iepra

L’adolescence est la période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Chez les jeunes garçons et filles qui vivent ces quelques années complexes, de nombreux paramètres fondamentaux biologiques et psychiques évoluent, amenant avec eux tout un cortège d’émotions contradictoires. Ces bouleversements ne sont pas sans générer de l’anxiété. Découvrons ensemble comment dépasser efficacement ces moments difficiles avec eux, en faisant appel à des techniques douces.

Un passage obligé dans la vie

S’il y a une chose à retenir dans l’adolescence, c’est que personne n’y échappe. Grandir et mûrir en tant qu’homme ou femme adulte comporte des étapes. En effet, se développer en tant qu’être humain nécessite que les traits du genre féminin et masculin s’affirment, amenant à la maturité sexuelle.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit l’adolescence comme la période s’étalant entre 10 et 19 ans. Certains spécialistes estiment qu’elle peut aller jusqu’à 25 ans. Ainsi, à partir de l’âge de 10 ans et différemment selon chacun, garçons et filles voient leur taille et leur poids augmenter rapidement, leur musculature évoluer, leur silhouette changer, leur voix muer, la pilosité apparaître, leurs organes sexuels arriver au stade fonctionnel avec la puberté. Chez les filles, les premières règles apparaissent 2 à 3 ans après le début de la puberté, soit en général vers 12 à 13 ans (cela peut aller, selon les filles, entre 10 et 15 ans). Autrement dit, l’adolescence assure la fonction de transition nécessaire pour rendre possible la reproduction de l’espèce humaine.

D’un point de vue biologique, ce sont les hormones qui déclenchent cette révolution tous azimuts dans l’organisme des adolescents. Ce sont notamment les hormones thyroïdiennes qui entrent en scène et permettent le développement de tous ces paramètres physiques des jeunes filles et garçons. De nombreux désagréments accompagnent ces quelques années : apparition d’acné juvénile, de boutons noirs, d’odeurs. Il faut pour certains effectuer des interventions d’orthodontie et la pose d’appareils peut ajouter au stress.

Mais ce ne sont pas les seuls aspects de leur existence qui changent. D’autres paramètres externes entrent en jeu et augmentent l’intensité de ce véritable “big-bang” physique et psychique qu’est l’adolescence.

L’adolescence : une transition sociale diversifiée

Dans beaucoup de peuples et de religions, des “rites de passage” – parfois étonnants – existent pour marquer cette transition biologique entre l’enfance et l’âge adulte. En effet, il est nécessaire de signaler de façon claire et publique le changement de statut. Pour ce faire, les adultes organisent des cérémonies pour accueillir ces nouvelles “femmes” et ces nouveaux “hommes” dans leur communauté. Il y a parfois des épreuves physiques à accomplir pour démontrer la force ou le courage, ou d’autres pour prouver la conformité aux règles sociales.

Au Vanuatu, certains jeunes garçons doivent sauter d’une tour de près de 100 mètres de haut, les chevilles attachées à une liane. Les jeunes Maasaï en Tanzanie ou au Kenya sont circoncis pour devenir des guerriers. En Malaisie, les jeunes filles musulmanes de 11 ans se préparent pour le Khatam Al Coran, le jour où elles doivent être capables de réciter le dernier chapitre du livre sacré de l’Islam devant leur entourage.

Les religions chrétiennes proposent le baptême ou la confirmation qui marquent l’attachement du jeune à sa foi. Celui-ci ou celle-ci doit formaliser son engagement personnel, et une messe spéciale est célébrée, souvent avec d’autres adolescents qui font le même choix.

Les rites de passage juifs de la Bar et de la Bat Mitzvah qui ont lieu à 12 et 13 ans reviennent sur cette même idée de confirmation de la foi par une déclaration publique, après des semaines de retraite et d’étude.

Si l’on remonte dans l’histoire et dans l’Antiquité, les rites de passage étaient beaucoup plus violents, avec même des décès des adolescents ayant failli à devenir adultes.

On voit ainsi comment l’adolescence s’accompagne d’un stress physique, et d’un autre religieux et/ou social.

La pression des réseaux sociaux

Dans notre monde occidental, les rites de passage ne sont plus aussi extrêmes que par le passé. Néanmoins, l’injonction sociale est forte : il faut respecter certains canons de beauté qui s’imposent notamment aux filles : taille de la poitrine, silhouette, maquillage, façon de parler, de bouger. Pour les garçons, la pression semble un peu moins forte, mais les moqueries concernant l’un ou l’autre aspect physique peuvent produire des ravages. Le cyberharcèlement a fait son apparition dans les cours d’école, de collège et de lycée depuis quelques années.

Les “challenges” où les jeunes ados doivent accomplir des défis – souvent dangereux, voire mortels – se multiplient. Les autorités et forces de l’ordre doivent s’adapter et tenter de prévenir une escalade de l’absurde dans lequel les adolescents se retrouvent impliqués pour soi-disant prouver leur valeur vis-à-vis des autres. Nos jeunes ont besoin d’affirmer leur personnalité. Ils “se cherchent”, veulent appartenir à un groupe, et se sacrifient aux rituels correspondants.

Un certain égocentrisme hédoniste est donc normal à cet âge. En revanche, il faut veiller à ce que cette tendance ne devienne pas un trait de personnalité à l’âge adulte. Il est donc essentiel que les parents prennent le temps nécessaire pour écouter, expliquer, désamorcer les angoisses qui peuvent dégénérer en pathologies.

Une conséquence “normale” : l’anxiété

L’adolescent ou l’adolescente ne peut donc que constater ces changements dans son corps. Son attitude sera déterminante dans l’acceptation de ces changements. C’est parfois une source de fierté, notamment pour certains garçons qui se vantent de leur force, de leur nouvelle puissance, ou pour certaines filles qui découvrent leurs attributs féminins et une certaine idée de la séduction, conforme à leur milieu.

Pour d’autres en revanche, ces transformations sont éminemment anxiogènes : aucun moyen de les contrôler dans son propre corps, encore moins de maîtriser les réactions des autres dans l’entourage, notamment à l’école ou en société.

La pandémie de Covid-19 a malheureusement ajouté une couche à cette anxiété “normale” : les mesures de distanciation sociale, à un âge où les relations interhumaines sont absolument fondamentales, ont détérioré le moral de nos ados. En effet, “l’apprentissage relationnel” auprès des groupes traditionnels, clubs de sport, école, famille étendue (impossibilité d’entrer en contact avec les grands-parents) s’est trouvé tout simplement stoppé, pendant de longs mois.

L’enseignement à distance, qui a constitué une réponse étatique au risque de propagation du virus, a contribué aux troubles que nous constatons dès maintenant et qui ressortiront certainement chez de nombreux jeunes adultes dans quelques années. Tout cela entraîne confusion, incertitude, manque de confiance.

Comment y répondre ?

Aider nos adolescents autrement

Il est très complexe, voire impossible, de fournir des réponses standard tant les situations particulières sont différentes. Néanmoins, il est bon de privilégier plusieurs attitudes saines envers ces jeunes adultes en devenir :

Les écouter, leur parler avec compassion

Les adolescents doivent trouver en vous une oreille attentive et qui ne les juge pas. Il faut pouvoir aller vers votre ado et lui proposer de parler en lui offrant votre écoute et votre appui. Revenez aux fondamentaux :

  • l’anxiété est quelque chose de normal dans un environnement stressant ;
  • chacun doit trouver sa propre réponse pour se maintenir en bonne santé, en équilibre ;
  • il faut trouver les moyens de maintenir le contact avec les personnes les plus importantes dans leur vie.

Pour accorder à votre ado ces moments où vous vous consacrez à 100 % à son bien-être, vous devez être prêt vous-même à lâcher prise : abandonner pour un moment vos obligations domestiques ou professionnelles, lâcher votre smartphone. Plutôt que d’offrir la dernière console de jeux vidéo, donnez-lui des moments dans la semaine où vous n’êtes qu’à lui ou elle. Un quart d’heure volé ici ou là sur votre agenda de ministre comptera bien plus à ses yeux qu’une heure passée à l’écouter tout en tapotant sur votre écran. Faites preuve de responsabilité et de bienveillance !

Les rassurer dans leur corps et dans leurs capacités

Les complexes liés à la beauté, à la laideur, sont communs à ces âges. Vous pouvez très bien expliquer à votre ado que vous aussi aviez des problèmes liés à votre aspect physique. Faites preuve de courage et exposez-vous en racontant comment vous avez souffert, comment vous avez réussi à surmonter (ou pas) cette adversité. Votre ado se sentira beaucoup moins seul et bien plus rassuré en sachant que ses problèmes ont également été les vôtres. Élargissez la discussion et démontrez que dans sa propre classe, dans son propre groupe, d’autres ont eux aussi ces complexes liés à leur aspect physique, à leur affirmation de soi. Expliquez que c’est normal, qu’il faut agir avec patience et accepter cette lente transformation. Essayez de dynamiter la peur de l’âge adulte, des responsabilités qui vont leur échoir, le job, le salaire, etc. Montrez qu’être adulte, c’est aussi choisir par soi-même pour sa propre vie.

Il est particulièrement important qu’en tant qu’adulte vous confirmiez à votre ado qu’il  évolue dans le bon sens en lui apprenant à se faire confiance. Pour cela, c’est VOUS qui devez lui donner votre confiance : exercice périlleux parfois, mais nécessaire. Pour qu’il réussisse sur son cheminement vers l’autonomie, il a besoin que vous montriez que vous pouvez lui faire confiance. Pour les problèmes du quotidien, n’essayez pas d’imposer votre point de vue, mais tentez de l’amener à se faire sa propre opinion. Aidez-le à trouver le moyen d’évaluer son action, de la corriger si besoin est. En effet, les adolescents sont souvent en proie à de puissantes émotions et ont du mal à les gérer : leur moral est sinusoïdal, amplifié par les variations hormonales.

De cette façon, vous l’aiderez à “désémotionaliser” ses ressentis et à les rationaliser. Les difficultés rencontrées par vos ados perdront de leur puissance émotive et se simplifieront. Vous les aiderez grandement !

La psychologie énergétique : 3 techniques immédiates

La psychologie compassionnelle et énergétique propose des techniques très simples, abordables et qui seront facilement acceptées et intégrées par votre adolescent. Inspirées des tapotements, vous pouvez les lui enseigner en un rien de temps :

1. Réguler rapidement l’anxiété avec les “4 petits coups”

  1. Tapoter légèrement sur les deux côtés 20 ou 30 fois (sur le haut de la crête oculaire, juste au-dessous de la pupille de l’œil) ;
  2. Masser en décrivant de petits cercles puis tapoter sur les deux côtés 20 ou 30 fois (environ 2,5 cm sous la clavicule et 2,5 cm sur le côté du sternum) en faisant une indentation légère entre chaque côte ;
  3. Tapoter vigoureusement avec les poings légèrement fermés 20 à 30 fois le point au centre du sternum ;
  4. Taper avec les poings légèrement fermés sur les deux côtés 20 ou 30 fois juste sous la poitrine et légèrement sur le côté, où les côtes ressortent.

2. Clarifier rapidement l’esprit avec la “respiration cardiaque 3×3”

  1. Placer les mains l’une sur l’autre, sur la partie supérieure de la poitrine.
  2. Respirer lentement et profondément en inspirant par le nez et en expirant par les lèvres, 3 fois de suite.
  3. Lui demander : Quelle est la chose la plus présente pour toi, en ce moment ?
  4. Répondre en complétant la phrase suivante : « Je vais bien, et ____ est ce qui est le plus présent en moi, en ce moment.« 
  5. Changer la position des mains : la main du bas vient vers le haut.
  6. Répéter la même séquence au moins 2 fois de plus.
  7. Ajouter de nouvelles réponses à chaque phrase.
  8. Répéter jusqu’à ce que la situation soit clarifiée.

3. Lâcher prise et redémarrer rapidement avec la “technique anti-tension”

  1. Placer les mains l’une sur l’autre, sur la partie supérieure de la poitrine.
  2. Se connecter légèrement avec la source de l’anxiété.
  3. Tapoter les points 1 à 14.
  4. Respirer profondément deux fois de suite.
  5. Répéter autant de fois que nécessaire.
  6. Remarquer les changements éventuels, les apprécier.

 

Sources :

1 Commentaire

  1. Sophie Paternotte

    Bonjour à l’équipe.

    Merci pour ces pépites bien utiles car pour le moment j’ai effectivement une recrudescence d’adolescents en mal de vivre. Leur détresse est touchante et c’est bon de pouvoir les aider énergétiquement et leur offrir des outils simples pour les soutenir sur leur chemin.
    Gratitude à vous 🙏❤️
    Sophie

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